Montpellier: Après dix ans de rénovation, le quartier du Petit Bard s'impatiente

URBANISME Selon Max Lévita, le premier adjoint au maire, la réhabilitation en est à « 75 % »...

Nicolas Bonzom
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Le Petit Bard à Montpellier.
Le Petit Bard à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

Ambiance électrique mercredi, au Petit Bard. Alors qu’étaient inaugurés le plateau sportif et les nouvelles aires de jeux pour enfants de ce quartier, à la réputation sensible, de l’ouest de Montpellier, une poignée d’habitants ont perturbé la cérémonie : des reproches et des insultes, visant les élus, ont notamment fusé.

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Dix ans de plans de rénovation

« Non, tout ne va pas bien au Petit Bard. Ce n’est pas vrai ! Tout ne va pas bien », grogne l’un d’eux, rompant avec le discours policé de Max Lévita, premier adjoint au maire, et président de la Serm, la société d’équipement de la ville, en charge de la réhabilitation du quartier. Ici, cela fait plus de 10 ans que des plans de rénovation tentent de changer la vie des habitants, en proie à d’importantes difficultés liées au logement, ou au chômage.

« Quand je suis arrivée ici, il y a 40 ans, le Petit Bard, c’était beau, il y avait des fleurs partout, confie une habitante. Et puis ça s’est dégradé, jusqu’à devenir insalubre… Les syndics et les propriétaires nous ont oubliés. Aujourd’hui, ça va un peu mieux. Mais il reste du travail. »

On en est à « 75 % »

Une rénovation qui « avance, mais qui a besoin de temps », confie Max Levita, qui estime qu’on en est à « 75 % ». Cette année, plusieurs démolitions avant reconstruction sont prévues, ainsi que des rénovations, et des relogements de familles. La réhabilitation des commerces va aussi être lancée, pour un coût total d’un million d’euros, a annoncé Philippe Saurel, le maire de la ville.

« Il faut dire qu’ici, au Petit Bard, les syndics sont partis avec l’argent des habitants, a noté l’élu. Ça a laissé les habitations dans des états de délabrement très importants et les habitants dans une incroyable précarité. Il faut bien comprendre que c’est de cette situation qu’est parti le projet de rénovation. »

Depuis plus de 10 ans, les grues n’ont jamais quitté ce quartier et les travaux sont devenus le quotidien des habitants. Mais, pour beaucoup, la rénovation ne suffit pas… « Ce que l’on veut, c’est du travail, gronde un jeune Montpelliérain. On veut travailler à la mairie nous aussi. Nous, on nous accepte pas. On répond même pas à nos CV. »