Vidéo: La mémoire défaillante des pro-corridas, jugés pour violences à Nîmes

tauromachie Le procès de 18 aficionados, jugés pour des violences commises contre des militants anti-corrida en 2011 dans les arènes de Rodilhan, s'est ouvert jeudi... 

C.D.

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Des militants anti-corrida devant le palais de justice de Nîmes le 14 janvier 2016
Des militants anti-corrida devant le palais de justice de Nîmes le 14 janvier 2016 — PASCAL GUYOT AFP

C’est un procès emblématique qui s’est ouvert jeudi devant le tribunal correctionnel de Nîmes, où 18 aficionados sont jugés pour des violences commises contre des militants anti-corrida en 2011 dans les arènes gardoises de Rodilhan.

 


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Le premier jour a été marqué par des dénégations maladroites des aficionados, avec un refrain de « je ne me rappelle pas », « je n’en ai pas souvenance », qui ont pour le moins agacé le président du tribunal, Jean-Pierre Bandiera. Des extraits de vidéos, assez accablants sur les violences perpétrées, ont dans tous les cas rafraîchi les mémoires défaillantes.

Ce 8 octobre 2011, une dizaine de militants d’anti-corridas se sont enchaînés au centre des arènes en déclenchant des fumigènes rouge-sang, avant de scander, le poing levé, « abolition ! » ou « la torture n’est pas notre culture ! » Parmi eux, Christophe Pioch, psychologue, témoigne à la barre avoir été « agressé par des personnes en furie », avec des « coups de pied portés au niveau du visage, de la nuque ».

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De leur côté, les pro-corrida invoquent des « insultes insupportables » des « anti », qui auraient provoqué chez eux un « pétage de plomb ». Le président les coupe fermement : « Vous n’aviez rien à faire sur la piste, l’évacuation est une mission de service public réservée aux policiers et aux gendarmes ! »

Sur le banc des accusés, se trouve Serge Reder, maire de Rodilhan. Il conteste « tout acte de violence », préférant parler d’un « acte de sauvegarde ». « Laissons-nous vivre notre culture, nous reconnaissons le droit de manifester mais il y a des limites à ne pas dépasser », a-t-il déclaré, dénonçant une « machination ».

Trois ans de prison encourus

Un professionnel de santé arlésien, également prévenu, renchérit : « le piège était magnifiquement préparé et nous sommes tous tombés dans le panneau ». Un géant ayant largement abusé de sa force physique se livre à un aveu qui semble s’appliquer à tous les prévenus : « c’est après qu’on a réfléchi ».

L’audience devait reprendre vendredi matin. Les 18 sont prévenus notamment de « violence en réunion », « violence aggravée par deux circonstances suivie d’incapacité supérieure à huit jours ». Ils risquent jusqu’à trois ans de prison.