Attentat à l'Hyper Cacher: Un an après, le drame est encore dans toutes les têtes

SOCIETE « 20 Minutes » a interrogé à Montpellier des clients et des responsables de magasins casher...

Nicolas Bonzom

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Des produits casher (illustration).
Des produits casher (illustration). — Deborah Labre / Maxele Presse

Il y a un an, la France basculait dans l’horreur : le 7 janvier, une attaque terroriste contre Charlie Hebdo faisait 12 morts, et 11 blessés. Le surlendemain, la prise d’otage de l’Hyper Cacher faisait quatre morts, et neuf blessés.

Des patrouilles de policiers et de militaires

A Montpellier, 20 Minutes a interrogé des responsables, et des clients de magasins casher, douze mois après ces événements tragiques. Nombreux sont ceux qui n’ont « rien changé » et qui continuent de faire leurs courses normalement… « Même si on garde ça dans un coin de nos têtes », note un client. D’autres, en revanche, ne cachent pas leurs craintes…

Aux Beaux-Arts, près de la synagogue, à la Coopérative de produits cachers, « cinq à six fois par jour », policiers et militaires effectuent des patrouilles de surveillance. Le grand portail blindé, qui restait jusqu’alors souvent ouvert, est dorénavant systématiquement fermé.

Une baisse de la fréquentation

« Certains clients ont changé leurs habitudes, confie Gérald Chemla, l’un des responsables. On les voit moins. Ils reportent leurs achats. D’autres, en revanche, restent cloîtrés chez eux : ils ne viennent plus du tout… Ils estiment qu’ils sont en danger, et qu’ils peuvent être attaqués en tant que juifs. »

Dans cette épicerie, la baisse de la fréquentation est significative : il y a au moins 10 à 20 % de clients en moins depuis les attaques de janvier. A la boucherie Eretz, Frédéric, le gérant, se dit « serein », malgré l’inquiétude de certains de ses clients.

« Je n’ai rien changé du tout à mes habitudes, souligne-t-il. Évidemment, en tant que magasin cacher, on se sent peut-être plus exposé qu’ailleurs, mais que voulez-vous… On est simplement encore plus vigilants qu’avant. Avec les clients, on en discute parfois. Certains ont envie de partir en Israël. D’autres l’ont déjà fait… »

Un an après les événements de janvier 2015, le club de la presse de Montpellier organise un rassemblement, ce jeudi (12 h 30), devant son local, à Antigone. Une exposition de Unes de « Charlie Hebdo » sera inaugurée.