Montpellier: L'imam Khattabi placé en garde à vue pour des fraudes présumées

JUSTICE Mohamed Khattabi a été placé en garde à vue ce jeudi pour des fraudes présumées aux prestations sociales et des activités rémunérées non déclarées...

N.B. avec AFP
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Mohamed Khattabi (Archives).
Mohamed Khattabi (Archives). — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Moins d’une semaine après l’abrogation de l’assignation à résidence à laquelle il était soumis dans le cadre de l’état d’urgence, un imam de Montpellier, Mohamed Khattabi, a été placé en garde à vue ce jeudi. Il est soupçonné de fraudes aux prestations sociales et des activités rémunérées non déclarées.

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Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, a précisé à l’AFP que l’imam est soupçonné d’avoir « profité » d’une allocation de parent isolé perçue par son épouse, alors que le couple partageait une communauté de vie. Il aurait également été rémunéré « à titre personnel » pour des toilettes mortuaires et n’aurait pas fait les déclarations fiscales auxquelles il était soumis.

L’imam est donc notamment soupçonné d'« escroquerie et recel d’escroquerie » ainsi que de « travail illégal ».

Mohamed Khattabi avait été assigné à résidence le 22 novembre, après une perquisition menée à son domicile à Saint-Georges-d’Orques (Hérault) ainsi qu’à la mosquée Aïcha, dans le sud de Montpellier.

Une mesure abrogée par le ministère de l’Intérieur qui a considéré qu'« aucun élément corroborant » une menace pour l’ordre et la sécurité publics « n’a été établi » lors de la perquisition menée dans la nuit du 22 au 23 novembre.

Traité de « fraudeur » et de « tricheur » par le préfet

Dans Le Figaro, le préfet de l’Hérault et de la région Languedoc-Roussillon Pierre de Bousquet, qui quitte ses fonctions le 1er janvier, avait récemment qualifié l’imam de « fraudeur » et « tricheur », ce que l’intéressé et son avocat Arié Alimi contestaient sur le fond et la forme.

Né en 1961 à Casablanca, l’imam exerce en France depuis 1995. De 2004 à 2014, il a été recteur de la mosquée Averroès de la Paillade, le plus important quartier d’immigration de Montpellier.

Arrivé à ce poste avec une image plutôt modérée et le soutien du défunt maire de Montpellier Georges Frêche, l’imam Khattabi en est évincé dix ans plus tard, l’association gérant la mosquée mettant en avant un discours incompatible avec les valeurs républicaines.

Mohamed Khattabi fonde alors une « mosquée », baptisée Aïcha, dans une ancienne salle des fêtes au sud de Montpellier.

Ses détracteurs lui reprochent de tenir un « double discours », alternant propos progressistes et discours inspirés du salafisme et des Frères musulmans. Ce qu’il nie.