Montpellier: « Ma vie reprend son cours normal », confie l'imam Khattabi, dont l'assignation à résidence a été levée

N.B. avec AFP

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Portrait de l'Imam Mohamed Khattabi le 25 octobre 2002 à la sortie de la mosquée de la cité de Valdegour à Nîmes
Portrait de l'Imam Mohamed Khattabi le 25 octobre 2002 à la sortie de la mosquée de la cité de Valdegour à Nîmes — DOMINIQUE FAGET AFP

L'assignation à résidence de Mohamed Khattabi, imam de Montpellier, soupçonné de tenir un discours radical, a été abrogée par le ministère de l'Intérieur.

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Assigné à résidence depuis le 22 novembre

L'homme avait été assigné à résidence le 22 novembre, après une perquisition menée à son domicile à Saint-Georges-d'Orques ainsi qu'à la mosquée Aïcha, à Garosud, où il prêche. L'imam avait lui-même annoncé la perquisition sur les réseaux sociaux, appelant sa communauté à garder « son calme ».

Dans l'arrêté d'abrogation daté du vendredi 11 décembre, l'Intérieur considère qu'« aucun élément corroborant » une menace pour l'ordre et la sécurité « n'a été établi » lors de la perquisition menée dans le nuit du 22 au 23 novembre.

« Ma vie reprend son cours normal, a noté l'imam sur Facebook. Je tiens à remercier toutes et tous ceux et celles qui m'ont soutenu (...) Continuons dans la transparence et l'authenticité dans la paix et dans la détermination. »

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« C'est une grande victoire »

Cette abrogation fait suite à une requête transmise par l'avocat de l'imam à la sous-direction du conseil juridique et du contentieux du ministère de l'Intérieur. L'imam, débouté par le tribunal administratif de Montpellier, avait également saisi le Conseil d'Etat, qui devait étudier sa requête lundi.

« C'est une grande victoire pour l'État de droit. Après le temps de l'hystérie sécuritaire, nous pouvons entrer dans celui de la réflexion », a affirmé l'avocat de Mohamed Khattabi, Me Arié Alimi.

« Un double discours »

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur a confirmé qu'un « nouvel examen des éléments fournis » avait « conduit à lever l'assignation à résidence ». « Nous veillons scrupuleusement à ce que toutes les mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence soient justes et accompagnées de toutes les garanties », a assuré Pierre-Henry Brandet.

Mohamed Khattabi avait été recteur de la mosquée Averroès dans le quartier populaire de la Paillade à Montpellier avant d'en être évincé par l'association gérant ce lieu de culte. Celle-ci avait jugé son discours incompatible avec les valeurs républicaines, lui reprochant un « double discours » alternant propos progressistes et discours inspirés du salafisme et des Frères musulmans.

Mohamed Khattabi, qui nie ces accusations, avait alors créé en 2014 un autre lieu de culte, la mosquée Aïcha, dans une ancienne salle des fêtes.