Montpellier: La ville fait face à l'absence quasi-totale de toilettes publiques

PROPRETE Avant 2014, il n'y en avait qu'une seule, à l'Opéra Comédie. Et encore, elle est restée longtemps fermée. Les habitants sont impatients...

Nicolas Bonzom

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Un sanitaire sur l'esplanade à Montpellier.
Un sanitaire sur l'esplanade à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

Les chiffres sont éloquents : avant les municipales de 2014, la ville de Montpellier ne disposait… que d’une seule toilette publique, à l’Opéra. Et encore, elle est restée longtemps fermée. Une donnée étonnante, lorsqu’on sait, à titre de comparaison, qu’il y a, par exemple, 83 toilettes à Rennes, et 67 urinoirs et sanitaires à Bordeaux

« Pas de W.-C. sous mes fenêtres ! »

Face à ce problème de taille, qui pollue les rues du Clapas, la mairie a promis d’installer vingt sanitaires d’ici 2020. Deux ont déjà été installés sur l’esplanade Charles-de-Gaulle : ces cabines sont gratuites et accessibles aux personnes à mobilité réduite. Elles sont autonettoyantes, et ne devraient fermer que quelques heures la nuit. Leur coût : 20.000 euros par an et par cabine.

Ce mercredi soir, la ville a organisé une réunion de concertation avec les habitants afin de recueillir leurs doléances. Et les W.-C. ont déchaîné les passions… « Je trouve ça très bien qu’elles soient gratuites et je souhaite qu’elles le restent, note un riverain du parc Montcalm, où va être installé un sanitaire d’ici la fin de l’année. Quand c’est payant, les gens préfèrent faire ça dans la rue. » Un autre habitant du centre-ville confie qu’il ne veut pas « qu’un W.-C. se retrouve sous ses fenêtres ». « Chaque fois que cela pourra être évité, ça le sera », explique Guy Barral, adjoint au centre.

« Les murs s’effritent tellement les gens urinent ! »

Sur certains quartiers, la mise en place de sanitaires est devenue plus qu’une envie pressante pour les habitants. « Il y a un manque réel de toilettes sur les lieux festifs qui sont fréquentés par les noctambules, comme la place de la Canourgue, la place du marché aux fleurs, le quartier Candolle, ou la rue des Ecoles-laïques », assure Artur Rainho, le président de l’association Droit au sommeil.

« Aux Arceaux, nous sommes un peu les spécialistes de ce problème, sourit un habitant. Sur l’aqueduc Saint-Clément, il y a 54 piliers ? Alors, avec quatre façades par pilier, cela fait 216 pissotières. » « Autour de St-Anne, c’est devenu invivable, souligne Sadik Farabi, le président du comité de quartier. Les gens font leurs besoins partout, les odeurs sont insupportables. Les murs s’effritent, tellement les gens urinent ! »

Même constat à la gare SNCF ou près du Rockstore, « où on trouve toutes sortes de déjections », soupire un riverain. Tout va être étudié et réglé, promet Luc Alberhne, adjoint à la voirie. Parmi les implantations de sanitaires prévues d’ici fin 2015, figurent le Corum (entre les espaces verts et l’escalier), la place Molière (derrière l’Opéra), la place de Thèbes (à Antigone, près du square), le quartier St-Roch et le parc Montcalm. En 2016 : dans la rue Astruc, aux Arceaux, et face aux halles Castellanes. Une appli smartphone pour repérer les W.-C. disponibles va également être mise en place.