Béziers: Les Galeries Lafayette restent, et Robert Ménard fait son mea culpa

COMMERCES Le magasin devait fermer ses portes le 20 décembre. Mais la mairie et la Socri, qui gère le Polygone, ont trouvé un repreneur : Planet'Indigo...

Nicolas Bonzom

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Les Galeries Lafayette à Béziers.
Les Galeries Lafayette à Béziers. — N. Bonzom / Maxele Presse

Face aux journalistes, Robert Ménard jubile : ce mardi, le maire de Béziers a annoncé que les Galeries Lafayette ne fermeraient pas. Le magasin, qui surplombe les allées Paul-Riquet, devait descendre définitivement son rideau de fer le 20 décembre et le bâtiment devait être vendu. Mais il y a un repreneur. Et ce n'était pas gagné...

« Je me suis excusé de cette campagne »

Début avril, lorsqu'il apprend que les Galeries Lafayette souhaitent en finir avec Béziers, Robert Ménard fait imprimer à la hâte une centaine d'affiches, qui se moquent de Ginette Moulin, sa propriétaire : « Cette femme possède deux milliards d'euros, mais elle en veut encore. Le fric vit plus fort. » Une affiche qui a fait le tour des réseaux sociaux.

 

« Si je le regrette ? Mais pas du tout, note l'élu. Le lendemain, nous avions la direction au téléphone. Le surlendemain, on enlevait les affiches. » Le maire, habitué aux polémiques, tente cependant un (petit) mea culpa : « Cela ne lui a peut-être pas fait plaisir, c'est vrai... Après, je me suis excusé de cette campagne (…) Mais sans elle, peut-être que les Galeries n'auraient pas voulu discuter. »

Planet'Indigo reprend les Galeries

C'est le groupe Planet'Indigo qui va reprendre les Galeries Lafayette. L'enseigne reste, et l'entreprise, qui génère cinq millions de chiffre d'affaire par an, reprend le fonds de commerce en tant que franchisé. La Socri, propriétaire du Polygone, qui s'est investi dans la recherche d'un repreneur, est candidat à la reprise de l'immeuble. Pour l'instant, il appartient à la mairie, qui l'a racheté pour 2,3 millions d'euros.

« Sur les trois fermetures de Galeries qui devaient intervenir, seule une ne fermera pas : Béziers, note Nicolas Chambon, président de la Socri. Mais le travail n'est pas terminé : le magasin perd un million d'euros par an... » De son côté, Philippe Sempéré, gérant de Planet'Indigo, va se pencher sur l'avenir du magasin dans les prochains jours. S'il restera pour l'essentiel comme il est aujourd'hui, il assure qu'il « manque quatre ou cinq grandes marques, et surtout un rayon sport ».

Salariés et commerçants semblent satisfaits

Du côté des salariés, on reste prudent, même si l'annonce semble satisfaire. La totalité des 43 emplois devrait être conservée, avec des négociations en cours pour trois d'entre eux. « C'est très bien pour Béziers et les salariés », note Jacques Bataller, membre du syndicat CFTC et secrétaire du comité d'entreprise.

La satisfaction est aussi présente chez les petits commerçants du centre-ville. « C'est une bonne nouvelle, reconnaît une vendeuse en prêt-à-porter, qui tient un magasin voisin. Ce n'est pas tant le monde que cela draîne, parce que les Galeries n'attirent plus grand mode, mais pour l'image. Si le magasin avait fermé, le centre-ville en aurait souffert. » Pour un cafetier, « les Galeries amènent une clientèle importante. Si un gros machin comme les Galeries part, on est au fond du gouffre. »