L'auteur de « L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » s'attaque à Daesh dans son nouveau roman

LITTERATURE Après les deux succès de ses deux premiers romans, le Montpelliérain Romain Puértolas se met à la place du leader de Daesh dans «Re Vive l'empereur !», mais de façon complètement décalée...

Jérôme Diesnis

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Romain Puértolas signe un troisième roman, toujours aussi drôle et décalé
Romain Puértolas signe un troisième roman, toujours aussi drôle et décalé — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Après le succès de « L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » (vendu à 500.000 exemplaires) et celui de « La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel », le troisième roman du Montpelliérain Romain Puértolas est paru le 30 septembre. Le héros de « Re Vive l’empereur ! » (éditions Le Dilettante) s’appelle Napoléon. Le vrai, mais décongelé après un séjour dans la mer du Nord et projeté dans la France de 2015. Il se lance alors dans la lutte avec Daesh. Mais comme toujours avec Romain Puértolas, de façon loufoque, décalée et surtout très drôle.

Pourquoi ressusciter Napoléon ?

J’avais eu ce projet d’écrire un livre autour du retour d’un Napoléon retrouvé décongelé avec son cheval en mer de Norvège et je l’avais laissé de côté. Après l’attentat de Charlie Hebdo, on m’a demandé de participer à un recueil pour nous sommes Charlie. J’ai trouvé que Napoléon était le personnage parfait pour faire face à Daesh.

Pour faire face à Daesh, il faut un nouveau Bonaparte ?

Il faut quelqu’un qui ne reste pas les bras croisés. Il arrive en 2015 et doit mettre de l’eau dans son vin. Pour ce stratège de la guerre, il faut imaginer une guerre sans violence. Il doit se reconstruire et reconstruire une grande armée. Ce n’est pas celle que l’on imagine, mais elle est composée de personnages hétéroclites et hauts en couleur.

Tout chambouler et se lancer dans l’inconnu, c’est un peu votre philosophie…

N’avoir peur de rien et foncer dans tout… Son tempérament corse assez « feu d’artifice » en faisait un personnage rêvé pour se lancer dans un nouveau combat. Je ne suis pas Corse moi-même (il est né à Montpellier), mais ne pas avoir peur se lancer dans de nouvelles expériences, tout effacer pour repartir dans l’inconnu, c’est un peu ma philosophie de vie ma. Et vivre tant de choses différentes m’a apporté d’énormes richesses.

Pourquoi un roman autour de l’organisation Etat islamique ?

Après Charlie Hebdo, j’ai été choqué. Mais lorsque j’ai écrit la nouvelle, je l’ai fait à ma façon, avec humour. Je ne suis pas politiquement correct. J’écris sans tabou et sans limite. J’aime m’amuser des stéréotypes. Je voulais que ces personnages continuent de vivre. Je voulais me mettre à la place du leader de Daesh. On nous dit qu’ils sont fous. Je ne pense pas, mais plutôt qu’ils appliquent une idéologie sans aucune retenue.

On découvre un chef ridicule. Pourquoi lui avoir donné ces traits ?

Mohammed Mohammed lit « Cinquante nuances de Grey ». Il rejette l’américanisation, mais l’utilise au quotidien. Il dénonce la modernité mais l’aime quand il s’agit d’utiliser des téléphones satellitaires. Comme l’interprétation du Coran, c’est faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.