Montpellier: Deux "sans fac" poursuivent l'université de lettres devant le tribunal administratif

JUSTICE Les audiences se sont tenues ce mercredi. Les deux étudiants devraient savoir s’ils sont réintégrés ou non avant la fin de la semaine…

Nicolas Bonzom

— 

Le vice-président de l'université, à la sortie du tribunal, ce mercredi.
Le vice-président de l'université, à la sortie du tribunal, ce mercredi. — N. Bonzom / Maxele Presse

Les dossiers s’entassent sur le bureau de la présidence de l’université Paul-Valéry. Depuis plusieurs semaines, la faculté de lettres fait face à des plaintes d’étudiants, dont l’inscription a été refusée.

« De nombreux étudiants dans ce cas »

Face à une université pleine à craquer, impossible de faire autrement que d’instaurer des quotas d’accueil, notait Anne Fraïsse, sa présidente, le 15 septembre : « Je n’ai pas les salles, ni les professeurs… » Ce mercredi, deux autres étudiants ont demandé des comptes à la faculté devant le tribunal administratif. « Ils sont nombreux dans ce cas, note Fabien Bon, élu au Cevu et membre du Syndicat de combat universitaire. Mais beaucoup se découragent, et ne vont pas jusqu’au tribunal. C’est intolérable. »

A lire aussi : Anne Fraïsse se justifie sur l'instauration de capacités d'accueil

Agnès a 47 ans. Cette mère de trois enfants est en reconversion professionnelle, après avoir passé une quinzaine d’années dans le conseil à l’insertion et à l’orientation. La Montpelliéraine s’est vue refuser son inscription en master II de psychologie. « J’ai obtenu 15 de moyenne partout, et ils n’ont même pas daigné me faire passer l’oral de sélection, raconte-t-elle. Certaines personnes ont été prises avec beaucoup moins. L’université me reproche mon manque d’expérience, alors que j’ai justement 15 ans d’expérience. La sélection est totalement floue. » Aujourd’hui, Agnès se dit « bloquée ».

« Je suis "sans fac" »

Jordan, lui, a 22 ans, et est titulaire d’un bac ES. Il a demandé son transfert de l’université de Lille à celle de Montpellier-III, pour suivre une première année de sociologie, pour se rapprocher de son père. Son inscription a été refusée. « Au début, je n’ai pas eu d’explication, note-t-il. Puis, on m’a signifié que j’avais un niveau insuffisant. Et enfin, on m’a dit que les capacités d’accueil étaient en cause. Aujourd’hui, je suis "sans fac". Je ne peux plus m’inscrire nulle part, c’est terminé… »

Yann Bisiou, vice-président de l’université, s’est défendu. « En ce qui concerne Jordan V., il y a un problème d’organisation et de suivi du dossier, note-t-il. Et, aujourd’hui, un problème de capacité évident d’accueil au sein de l’université. (…) Pour Agnès F., une question se pose : Les universités peuvent-elles encore sélectionner en master II ? J’ai l’impression, au vu des autres décisions, qu’au sud de la Loire, non. Et au nord, oui. » Les décisions ont été mises en délibéré, et pourraient être rendues avant vendredi.