VIDEO. Alès: Fermeture de l'abattoir municipal après la diffusion d'images chocs

ANIMAUX Le maire a lancé une enquête administrative sur les actes de cruauté dénoncés par l'association L214...

Nicolas Bonzom

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Extrait de l'enquête sur abattoir d'Alès.
Extrait de l'enquête sur abattoir d'Alès. — Association L214

Le Point a relayé ce mercredi une enquête de l’association de défense des animaux L214, qui dénonce l’abattoir municipal d’Alès, dans le Gard. Si le site Internet d’Alès Cévennes affiche l’image d’un établissement modèle, répondait aux « normes européennes », la réalité est toute autre, assure le collectif.

Une série de vidéos et d’images choquantes dénonce des « actes de cruauté », où des animaux seraient « tués dans un océan de souffrance et d’indifférence » : des chevaux dont le crâne serait fracassé au pistolet, des cochons entassés dans une fosse, des bovins mal étourdis qui reprennent conscience ou des moutons égorgés vivants… Selon l'association, les images ont été filmées en caméra cachée, pendant dix jours d'avril à mai 2015, par «une personne qui a accès à l'abattoir».

Retrouvez la vidéo ci-dessous… Attention, des images peuvent choquer les personnes les plus sensibles

L'abattoir fermé à titre conservatoire

Face à cette enquête, le maire de la commune, Max Roustan (Les Républicains) qui se dit « ému », a décidé en fin d’après-midi de fermer l’abattoir, à titre conservatoire et de lancer une enquête administrative interne sur d’éventuels manquements aux normes d’abattage des animaux. « A l’issue de l’enquête interne, si des fautes sont reconnues, des sanctions seront prises pouvant aller jusqu’à la fermeture définitive de l’abattoir d’Alès. Cette fermeture définitive condamnerait la filière agroalimentaire locale. »

De son côté, la préfecture note qu’elle avait signalé ces mauvaises pratiques. Suite à une visite le 4 septembre, « une mise en demeure administrative ordonnant de mettre fin aux pratiques professionnelles non conformes à la réglementation » avait été envoyée à l’abattoir. Un nouveau contrôle sera diligenté à la réouverture, reprend la préfecture.

Contactés par l'AFP, les responsables de l'abattoir n'ont pas souhaité s'exprimer.

L’association a fait appel au vétérinaire Gilbert Mouthon, expert auprès des tribunaux, qui, dans un rapport, évoque des « actes de cruauté ». « Des bovins saignés au sol restent plusieurs minutes avec la tête et la plaie de saignée baignant dans un mélange de sang et d’eau forcément contaminée par les toisons recouvertes de matières fécales », note le professionnel.

En 2010, la municipalité d’Alès avait investi 2,5 millions d’euros dans la rénovation de l’abattoir municipal. Chaque année, 3.000 chevaux, 20.000 porcs, 40.000 ovins et 6.000 bovins y sont tués. L’association a lancé une pétition pour que l’abattoir soit fermé.