Chahuté pour ses positions sur les migrants, Robert Ménard fait évacuer le Conseil municipal

POLITIQUE Des militants en faveur des réfugiés ont manifesté leur opposition aux méthodes du maire de Béziers…

Nicolas Bonzom

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Robert Ménard, maire de Béziers (Hérault), le 4 avril 2014.
Robert Ménard, maire de Béziers (Hérault), le 4 avril 2014. — SYLVAIN THOMAS / AFP

Séance houleuse, mardi, au conseil municipal de Béziers (Hérault). Le maire, Robert Ménard, a fait évacuer la salle, y compris les journalistes. Les élus ont étudié les 86 dossiers à l’ordre du jour à huis clos.

Une heure avant le début du conseil municipal, à 18 h, une poignée de militants, membres d’un collectif pour les réfugiés, se sont assis dans l’espace réservé au public, les autres places étant occupées par des « partisans de Robert Ménard », note Midi Libre. Les autres militants ont été retenus hors de la salle, par la police municipale. A l’arrivée du maire, sifflets et applaudissements ont retenti. Ce dernier a alors insisté pour que le public « respecte les règles de bienséance ».

« Ménard, Béziers ne t'appartient pas »

Aimé Couquet, conseiller municipal d’opposition communiste, a demandé que plus de public puisse rentrer dans la salle pour assister aux débats. Une bousculade s’est déclenchée entre les policiers municipaux et les membres du collectif pour les réfugiés, et les militants qui ont pu entrer ont brandi des slogans : « Ménard, Béziers ne t’appartient pas », « Nous sommes tous des enfants d’immigrés ». Le maire a d’abord suspendu la séance pendant quelques minutes, avant de demander, à son retour, face au brouhaha de la salle, le huis clos. Même les médias ont dû sortir.

Robert Ménard a déclenché une vive polémique, au début du mois, en affichant le titre « Ils arrivent » à propos des réfugiés, sur son journal municipal, avec une photographie truquée de l’AFP. Le fondateur de Reporters sans frontières a également choqué, avec une vidéo le montrant aller à la rencontre de réfugiés avec la police municipale pour leur dire qu'« ils ne sont pas les bienvenus à Béziers ».