Narbonne: Un militant FN devant les juges pour avoir contesté les cours d'un professeur d'histoire

JUSTICE Le parquet poursuit le jeune homme pour « dénonciation calomnieuse »…

Nicolas Bonzom
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Illustration: une affiche du FN.
Illustration: une affiche du FN. — SERGE POUZET/SIPA

Un militant Front national comparaît devant le tribunal de Narbonne ce jeudi après-midi (14 h) pour avoir contesté des cours d’histoire. L’affaire remonte au mois de mai 2011, lorsque Loïc, qui était alors secrétaire du FN Jeunesse de l’Aude, écrit au proviseur d’un lycée de Narbonne pour dénoncer les propos d’un professeur d’histoire.

Le militant avait pointé son « obligation de neutralité »

Selon lui, ils étaient « diffamants et insultants à l’égard du Front National », en mettant en cause « l’obligation de neutralité » de l’enseignant. La compagne d’alors de ce militant était dans la classe de ce professeur.

Xavier Verdejo, 61 ans, professeur et responsable CGT, assure avoir « parlé dans le programme de terminale » du poujadisme, de l’élection de Jean-Marie Le Pen comme député, de la création et de la montée du Front national jusqu’au « choc du 21 avril » 2002. Il avait aussi rappelé que Jean-Marie Le Pen avait déclaré que « les chambres à gaz étaient un détail » de la Seconde guerre mondiale et indiqué qu’il était « accusé d’avoir torturé en Algérie ».

« Une propagande politique »

Le parquet s’est saisi du dossier à la suite de la plainte de l’enseignant pour « dénonciation calomnieuse », et a décidé de poursuivre pour le militant FN. L’avocat du parti frontiste, David Dassa-Le-Deist, a contesté « le côté surdimensionné que certains ont cherché à donner à ce dossier », dénonçant une « propagande politique », en contradiction avec l'« obligation de neutralité due à son métier ». « On peut lui reprocher peut-être d’avoir été un peu vite, mais certainement pas avec l’intention de nuire et de toucher quelqu’un par l’infamie de la calomnie », ajoute-t-il.

Le Code pénal prévoit au maximum une peine de cinq ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. La CGT a appelé à un rassemblement devant le tribunal de Narbonne avant le procès.