Montpellier: Le maire remplace les agents grévistes... par des élus

RENTRÉE SCOLAIRE Les syndicats dénoncent l'attitude de Philippe Saurel...

Jérôme Diesnis

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Philippe Saurel.
Philippe Saurel. — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Il s’est installé au réfectoire de l’école Winston-Churchill, dans un pied de nez aux syndicats. Alors que 52 des 63 Ralae (Responsables animation loisirs) étaient en grève en ce jour de rentrée, Philippe Saurel a décidé de mobiliser tous les élus de sa majorité : « Je ne suis pas un casseur de grève, mais je ne laisse pas les écoles fermées. Je ne laisse pas les parents dans la panade, je ne laisse pas les enfants sur le trottoir. Bloquer des dizaines de milliers de familles alors qu’on a été augmenté de 30 euros par mois, c’est irresponsable. »

« C’est inadmissible ! »

Remplacer des salariés par des élus : la décision est très mal perçue par l’intersyndicale qui a appelé au mouvement de grève reconductible. « Nous ne pouvons pas accepter que l’on remplace les grévistes au pied levé par d’autres corps de métiers, encore moins par des élus politiques », s’étouffe Cécile Jourdan, secrétaire générale de Force ouvrière. « Remplacerait-on des policiers municipaux par d’autres agents ? »

Philippe Saurel attendait ce mardi l’éventuelle poursuite de la grève pour continuer à réquisitionner les élus.

« Il est inadmissible de cautionner de telles pratiques qui ne font qu’accentuer l’absence de dialogue social », s’insurge la CFDT. « En juin, nous avons facilité les accès à la formation qui permettent aux fonctionnaires de mieux gagner leur vie. Le régime intermédiaire devait être rediscuté en septembre, lui répond Isabelle Marsala, adjointe à l’éducation. Si nous reprenions une discussion intelligente, nous sortirions de cette crise pas très justifiée. » Ce mardi, la maire a gagné son bras de fer. Les 80 cantines ont accueilli normalement tous les écoliers des 123 établissements de la ville.

« Un mandat pour arriver à un fonctionnement cohérent »

Autre conflit en juin dernier, celui des agents d’entretien et de restauration scolaire. La volonté de réorganiser ce service est justifiée par un taux d’absentéisme proche des 30 % (contre 17 % dans la totalité des services et 10 % au plan national). « Le changement de filière, l’accompagnement social, la formation sont des remèdes, ainsi qu’une veille de la DRH précise, note Philippe Saurel. Il faudra un mandat pour arriver à un fonctionnement cohérent ».