Montpellier: un gros câlin aux esturgeons, c'est bon... pour l'environnement

ANIMAUX Le bassin tactile installé à l’aquarium Mare Nostrum n’est pas si innocent. Derrière son côté ludique, les visiteurs découvrent le fonctionnement de l’aquaponie…

Jérôme Diesnis

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A l'aquarium Mare Nostrum, on peut toucher les poissons et pas seulement avec les yeux
A l'aquarium Mare Nostrum, on peut toucher les poissons et pas seulement avec les yeux — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

On ne touche pas, ou alors avec les yeux ! Qui n’a pas prononcé ou entendu cette phrase ? L’aquarium Mare Nostrum de Montpellier, l’un des plus populaires de France avec ses 2,5 millions de visiteurs depuis 2007 (pour y découvrir 400 espèces et plus de 30 000 animaux), se plaît pourtant à briser les interdits.

Un bassin tactile permet aux visiteurs de toucher les poissons, des esturgeons choisis pour leur côté sociable. « Ce sont des animaux très actifs qui se déplacent constamment, évoque Florent de Gasperis, responsable programme et projet éducatif et « aquariologique » de Mare Nostrum. Ils ne sont pas du tout timides. Couramment élevés en aquaculture, ils vivent en en eau douce. »

Il suffit de se nettoyer les mains avant de les glisser dans l’eau et d’attendre qu’ils viennent se faufiler jusqu’à nous. Keiraly, elle, est « un petit peu déçue »… La petite fille de huit ans a bien essayé de toucher l’un de ces sterlets, en vain. Ça ne marche pas encore à tous les coups. « Ils sont encore en phase de découverte de leur environnement », précise le directeur Bernard Reilhac.

Le cycle de l’azote

Outre la découverte de cette espèce menacée par la surpêche et la modification des milieux naturels, l’expérience est créée dans un but de vulgarisation scientifique. Une structure d’aquaponie est associée à ce bassin. Des plantes aromatiques et poissons se nourrissent mutuellement par un cycle vertueux que détaille Florent de Gasperis. « On nourrit les poissons, qui produisent des déchets, lesquels sont transformés et en quelque sorte recyclés par des organismes (souvent des bactéries). Ceux-ci les transforment en éléments assimilables par les plantes et leur permettent de pousser. Ces plantes purifient l’eau en éliminant les substances rejetées par les poissons dans l’eau. »

Ce système plus économe en eau commence à être utilisé par des producteurs de légumes et des aquaculteurs à l’échelle industrielle. En caressant les poissons, c’est sans le savoir à l’enjeu majeur de l’eau douce ou à l’explication du cycle vital de l’azote auxquels s’intéressent les visiteurs.