Montpellier: La baignade dans les fontaines, une pratique interdite mais largement favorisée

CANICULE Quotidiennement, des agents de la ville effectuent des prélèvements dans chacune des 58 fontaines de la ville afin de vérifier si l’eau ne présente aucun risque sur la santé…

Jerome Diesnis

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Des enfants s'amusent avec les jets d'eau sur le miroir d'eau, le 1er juillet 2015
Des enfants s'amusent avec les jets d'eau sur le miroir d'eau, le 1er juillet 2015 — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Les fesses posées sur la serviette, un livre (ou pas) à la main et les enfants qui jouent avec l’eau. Ici, c’est la mer, ou presque. Plusieurs dizaines de personnes, enfants et adultes compris, s’amusent ou papotent autour du miroir d’eau, entre le RBC et le Nuage.

Partout ailleurs, la même chose. Les fontaines de la ville forment, en ces temps de canicule, une alternative à la Méditerranée, pourtant distante d’une dizaine de kilomètres.

«On habite en face, alors c’est plus simple. On vient là le mercredi après-midi ou après l’école. Le week-end, c’est plutôt la mer, sourit Lahcen Atmani. L’eau est à moins de 20°. Chez nous, il fait 26°, 27°C. On est mieux ici qu’à la maison.»

«Chaque fontaine est vérifiée tous les jours»

Quotidiennement, des agents de la ville vérifient la qualité de l’eau recyclée. Dans chaque fontaine, le taux de chlore et la température ambiante, qui pourrait favoriser le développement de bactéries, sont relevés. «Si l’un de ces deux taux est anormalement élevé, la fontaine est arrêtée», prévient Luc Albernhe, adjoint au maire, délégué à la voirie et à Montpellier au quotidien.

«C’est la plage, sans les contraintes de la voiture et sans le sable», sourit Marina Berkache, une maman. Pas très loin, Gaëlle Portes surveille sa progéniture. «Pour eux, comme pour nous, c’est un endroit agréable. Mais ça glisse, même en chaussures. C’est moyen au niveau sécurité.»

Georges Frêche voulait faire de Montpellier «une ville aux cent fontaines». Elle en compte 58 (pas toutes en activité, lire l'encadré), pour un coût d’entretien de 500 000 € par an. Elles ne sont pas faites pour se baigner, mais aucun agent ne vous verbalisera pour y avoir trempé les pieds… ou le reste. «La réglementation voudrait que les enfants ne se baignent pas mais on n’empêchera personne de profiter de leur fraîcheur», conclut Luc Albernhe. Les enfants (et leurs parents) sont rassurés.

Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat a validé l’appel d’offres de la ville sur l’entretien des fontaines de la ville. Il avait été attaqué par une entreprise non retenue. Conséquence : elles sont remises les unes après les autres progressivement en route. « D’ici une semaine, elles fonctionneront toutes de nouveau », prédit Luc Albernhe.