Affaire des paris suspects: Nikola Karabatic remet en cause la qualité des experts

JUSTICE Face à un rapport qui note le manque d’engagement de Montpellier dans le match du 12 mai 2012 face à Cesson, l’icône du handball a joué les avocats de la défense…

Nicolas Bonzom
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N. Karabatic.
N. Karabatic. — N. Bonzom / Maxele Presse

Les experts ont parlé. Ce jeudi, la quatrième journée du procès de l’affaire des paris, qui se déroule au tribunal correctionnel de Montpellier jusqu’au 26 juin, a été marquée par l’audition de Johann Rage, professeur de sport à l’université de Perpignan et de Nordine Lazaar, ex-arbitre international. Les deux hommes ont été désignés pour repérer, durant la première mi-temps du match Cesson/Montpellier du 12 mai 2012, d’éventuels comportements atypiques… Et même s’ils ont reconnu devant le tribunal la difficulté de ce travail, ils ont présenté au président un rapport rempli de choses « surprenantes ».

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« Trop curieux pour être innocent… »

L’expertise est bel et bien la clé de ce procès : le tribunal pourrait s’appuyer sur le rapport pour prouver que Montpellier aurait levé le pied. « Cette mi-temps est très atypique, souligne l’un des deux experts. Il y a eu un nombre de pertes de balles élevé, au cours de la première mi-temps. L’efficacité en tir est inférieure… Les tirs hors-cadre sont supérieurs. » Et, même s’ils sont incapables de dire s’il y a eu trucage, ils se disent « suspicieux ». « L’équipe n’a pas mis, dans ce match, les ingrédients habituels de ses victoires. C’est trop curieux pour être innocent… On a l’impression que Montpellier n’est pas là durant les cinq premières minutes du match. » Les experts notent que le MAHB a perdu sept ballons sur la première mi-temps… et aucun sur la deuxième.

Pour contrer ce rapport, Nikola Karabatic, lui-même, a demandé la parole au président du tribunal. Le joueur de Barcelone s’est levé pour s’adresser, directement, aux deux hommes : « Je ne souhaite pas remettre en cause vos compétences. Mais j’aurais préféré que la mi-temps soit analysée par des personnes qui connaissent réellement le handball, des entraîneurs, des joueurs de haut niveau… On ne peut pas analyser une partie, uniquement, avec de simples statistiques », a confié l’icône du handball.

Un trucage ? « C’est farfelu ! »

Selon lui, le gardien Mickaël Robin, également prévenu, aurait fait un « très bon match », et l’équipe évoluait avec des joueurs de haut niveau, mais pas à leurs postes fétiches, et il y a eu beaucoup d’erreurs d’arbitrage. « J’attendais ce jour avec impatience, a souligné le joueur, face à la presse. Il n’y a rien qui puisse dire qu’il y a un trucage. C’est farfelu. » Le procès se poursuivra, ce vendredi matin, avec l’audition des témoins, dont celle de l’entraîneur Patrice Canayer.