Projet de zone commerciale Oxylane à Saint-Clément: Decathlon répond aux opposants

ECONOMIE Guillaume Sarthe, chargé de l’expansion de la société en Languedoc-Roussillon, fait face à la colère d’un collectif, qui refuse cette implantation, dans un champ agricole…

Nicolas Bonzom

— 

Près de Montpellier, le champ où Decathlon envisage d'implanter son projet de centre commercial.
Près de Montpellier, le champ où Decathlon envisage d'implanter son projet de centre commercial. — N. Bonzom / Maxele Presse

A Saint-Clément-de-Rivière, riverains et associations se battent contre le projet Oxylane, porté par Decathlon. Sur un champ de 24 hectares, aux portes de Montpellier, plusieurs enseignes, comme Truffaut ou O’Tera, sont attendus. Mais les opposants, dont le député européen José Bové, n’en veulent pas. Guillaume Sarthe, responsable de l’expansion chez Decathlon en Languedoc-Roussillon, leur répond.

Découvrez les arguments du collectif Oxygène, qui dénonce le projet

Vous faites face à une importante mobilisation sur ce projet…

Ce sont des associations de protection de l’environnement. Elles font leur travail, et nous respectons bien évidemment leur point de vue. Cela dit, le projet obtient aujourd’hui toutes ses autorisations au fur et à mesure avec une approbation à chaque fois importante. C’est tout simplement que ce projet est positif pour le territoire…

Pourquoi avez-vous choisi ce champ, à Saint-Clément-de-Rivière ?

Depuis 2001, ce secteur est voué à recevoir une zone d’activités. Le droit du sol a été modifié en ce sens. Aujourd’hui, les habitants du Nord de Montpellier doivent traverser la ville pour aller à Decathlon à Odysseum ou à Saint-Jean-de-Védas, et à Fréjorgues pour Truffaut. Nous voulons nous rapprocher de cette clientèle, et supprimer des déplacements en voiture inutiles dans le centre de Montpellier. C'est aussi un argument écologique. On sait bien que cette ville n’est pas faite pour ça. Et il y a un véritable manque au niveau de l’offre sur le Nord, et nous voulons rétablir l’équilibre, en complétant le travail qui est fait par Trifontaine. Le grand commerce, sur Montpellier, n’est pas saturé. Au vu de la croissance démographique importante, c’est faux.

Les opposants vous reprochent de mettre à mal des terrains agricoles…

Oui, historiquement, c’est un terrain agricole. Mais, croyez-moi, les élus locaux n’avaient pas l’intention d’installer un jeune agriculteur sur ce champ-là. Nous voulons faire un projet intelligent, qui laisse une large place aux espaces naturels. Par exemple, nous allons remettre de l’agriculture au cœur du projet… L’enseigne O’Tera est l’un de nos partenaires, dont le métier de proposer des produits frais à circuit court, en étant le seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur, et en rémunérant particulièrement bien le producteur. En plus de la surface du magasin, O’Tera installera une ferme pédagogique, et un terrain voué à la production directe.

Le collectif met en avant la destruction du lieu de vie d’espèces protégées…

Nous avons confié des études à des bureaux qui ont pignon sur rue, et, pendant la période de l’enquête, aucune de ses espèces n’a été relevée.

Quelle sera la part du bâti sur la surface totale ?

Le terrain fait 24 hectares au total, et moins de 50 % seront consacrés aux espaces constructibles. La surface des bâtiments fera moins de 15 % de la surface totale.

Quel sera l’impact économique pour le secteur ?

Nous allons créer au minimum 220 emplois sur le site. Nous allons également, bien sûr, faire travailler des entreprises locales sur le chantier, qui devrait durer entre 15 et 18 mois environ… L’impact sera également important sur la production de richesse pour les collectivités. Ce n’est pas un centre commercial comme on en faisait il y a trente ans… Ici, une large part sera consacré au bien-être, avec une salle de fitness, un espace pour la médecine du sport, un espace de futsal ou pour les bébés nageurs. C’est un très beau projet.