Montpellier: A Saint-Clément, les associations refusent le projet de zone commerciale Oxylane

ENVIRONNEMENT Decathlon souhaite créer un « lotissement multi-activités », avec des magasins et des services, sur un champ d’environ 24 hectares. José Bové a notamment fait part de son indignation…

Nicolas Bonzom

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Près de Montpellier, le champ où Decathlon envisage d'implanter son projet de centre commercial.
Près de Montpellier, le champ où Decathlon envisage d'implanter son projet de centre commercial. — N. Bonzom / Maxele Presse

C’est un champ tranquille, aux portes de Montpellier, sur la commune de Saint-Clément-de-Rivière. Entouré de coquelicots, un grand panneau annonce un projet qui n’est pas du goût des associations environnementales : Decathlon projette d’implanter ici, sur un terrain de 24 hectares, un centre commercial.

Baptisé Oxylane, le lieu devrait notamment héberger des services, comme des médecins spécialisés, et des magasins, comme Decathlon, une jardinerie Truffaut ou un magasin de fruits et légumes O’Tera.

Découvrez l'interview de Guillaume Sarthe, de Decathlon, qui défend le projet

Des terres « tout à fait fertiles »

En attendant le verdict de la commission d’aménagement sur l’implantation, des associations se battent contre le projet. Un collectif, Oxygène, s’est monté à la fin de l’année dernière.

« Nous nous opposons à ce projet parce qu’il va impacter 24 hectares de terres cultivables, note Françoise Hélary, porte-parole. Une étude a montré que ces terres étaient tout à fait fertiles, avec un sol riche, et pourraient accueillir de jeunes agriculteurs en recherche de terres pour exercer leur activité, et à des besoins de consommateurs qui veulent une alimentation saine et des produits de proximité. Le foncier agricole est un marché tendu aux abords de villes comme Montpellier… »

Pour défendre son point de vue, le collectif met également en avant la présence sur le site d’espèces protégées, comme un mâle chanteur de Grand-Duc d’Europe, une population de lézards des murailles, ainsi que des amphibiens, dont une grenouille rieuse et un triton palmé. « Leur lieu de vie va être complètement impacté », reprend François Hélary. Autre « aberration » soulevée par le collectif, le trop-plein de centres commerciaux. « Les enseignes projetées sont sur des créneaux déjà bien présents dans la zone de chalandise. Il y a déjà plusieurs Décathlon autour de Montpellier », note-t-il.

José Bové monte au créneau

José Bové, député européen du Sud-Ouest et membre de la commission Agriculture du Parlement européen a apporté son soutien au collectif : « Où produirons-nous notre alimentation demain, si les villes s’étendent toujours et toujours ?, souligne le leader paysan. Au-delà de la production alimentaire, les terres agricoles rendent des services indispensables à l’environnement : infiltration des eaux de pluie, préservation de la biodiversité… Chaque année, nous perdons entre 40.000 et 90.000 hectares de terres agricoles… Il faut stopper cette hémorragie foncière. J’appelle les élus locaux à rejoindre le collectif et à refuser l’implantation de Decathlon et compagnie. »

Concernant le terrain, une promesse de vente aurait été signée en 2012 par les propriétaires actuels, une indivision familiale d’une trentaine de personnes, « mais nous ne savons pas si la vente effective a eu lieu », confie Françoise Hélary. Samedi, ils seront des dizaines à s’élancer du site (10 h) pour une marche de protestation qui les mènera à Decathlon Odysseum, avec un pique-nique géant à 12 h 30 sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. « Nous allons nous battre », s’exclame-t-on, au collectif.