Montpellier: Le Languedoc-Roussillon, deuxième région la plus pauvre de France

ECONOMIE Le chômage, qui bat des records sur le territoire, entraîne une conjoncture économique très tendue dans la région : près de 20 % des habitants sont considérés comme pauvres…

Nicolas Bonzom

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La pauvreté est très forte en Languedoc-Roussillon
La pauvreté est très forte en Languedoc-Roussillon — Jean-Philippe Ksiazek AFP

En Languedoc-Roussillon, la pauvreté est ancrée dans le territoire. Avec 19,8 % de la population sous le seuil de pauvreté (moins 990 € par mois), c’est la deuxième région la plus touchée de France derrière la Corse, selon une étude publiée ce mardi par l’Insee. Si un français sur sept est considéré comme « pauvre », le rapport est d’un sur cinq dans la région. Le niveau de vie médian est de 1.500 euros en moyenne en Languedoc-Roussillon, contre 1.650 euros dans le reste de la France. Dans le détail, les cinq départements figurent parmi les départements les plus pauvres du pays : l’Aude est 3e (21 %), les Pyrénées-Orientales sont 4e (20,5 %), le Gard 6e (20 %) et l’Hérault, 10e (19,2 %).

Les trois quarts des pauvres en zone urbaine

Du côté des villes, Montpellier figure à la 52e place en termes de taux de pauvreté dans les grandes aires urbaines de la région (16,8 % de « pauvres ») et Nîmes est 14e (21 %). A noter que Beaucaire et Béziers, qui ont élu, en 2014, un maire soutenu le Front national, se distinguent négativement, respectivement à la 1ère et à la 4e place dans ce classement régional. Pierre Girard, de l’Insee Montpellier, note que les trois quarts des personnes pauvres sont dans les aires urbaines, « même s’il ne faut surtout pas négliger la pauvreté dans les zones rurales où les crises viticoles de 2003 et 2004 ont fait notamment beaucoup de mal à la population. »

Du côté des causes, il faut évidemment aller chercher du côté du chômage, qui bat des records dans la région, et notamment du chômage de longue durée. Mais pas d'« effet soleil » selon Roger Rabier, chercheur à l’Insee. « Il n’y a pas de phénomène d’héliotropisme, note-t-il. Contrairement à une idée reçue, on ne vient pas percevoir le RSA au soleil. »

On ne sait toujours pas si l’Insee, organisme d’Etat, va quitter Montpellier pour fusionner avec l’Insee Toulouse, en vue de la grande région. « Les réflexions sont en cours, explique le chercheur Roger Rabier. Rien n’est décidé. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a aura qu’une seule direction régionale… Mais en termes d’implantation des activités, on ne sait encore rien… »