Vincent Boileau-Autin: «Désormais, les mariages se célèbrent dans l'indifférence générale»

DIVERSITE Le 29 mai 2013, Vincent et Bruno Boileau-Autin devenaient les premiers mariés gays français de l’histoire. Rencontre avec Vincent, également président de la Lesbian and gay Pride de Montpellier...

Jérôme Diesnis
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Vincent et Bruno Boileau-Autin, quelques jours avant leur mariage, le 29 mai 2013
Vincent et Bruno Boileau-Autin, quelques jours avant leur mariage, le 29 mai 2013 — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

Vincent et Bruno Boileau-Autin se sont mariés il y a deux ans, le 29 mai 2013 à Montpellier. Les premiers mariés homosexuels de France fêtent ce vendredi leurs deux ans de mariage. Rencontre avec Vincent, qui est aussi le président de la Lesbian and Gay Pride de Montpellier.

Que s’est-il passé en deux ans ?

« A la fois beaucoup de chose et pas grand-chose. Ca n’a pas révolutionné notre amour. Et dans la société française, rien n’a changé. Mais ça a changé la vie de celles et ceux qui peuvent célébrer leur amour devant la République, désormais dans l’indifférence générale. »

Que pensez-vous de Nicolas Sarkozy qui souhaite revenir sur cette loi ?

« Personne ne reviendra sur cette loi car ce serait très problématique d’un point de vue constitutionnel. Nicolas Sarkozy continue à mentir pour glaner quelques voix ici et là. Qu’il s’agite, on vit notre amour tranquillement. En France, 17.000 mariages de personnes du même sexe ont été célébrés. Cette loi était donc particulièrement attendue et nécessaire. »

Aujourd’hui, quelles sont vos revendications ?

« Que François Hollande réponde des engagements pris devant les Français et les Françaises en 2012 : procréation médicale assistée, ouverture du don du sang pour les gays, changement d’état civil pour les personnes trans sans condition préalable d’intervention médicale, question des soins funéraires pour les personnes atteintes du VIH et de l’hépatite, demande de dépénalisation universelle de l’homosexualité devant l’ONU. Les Français reconnaîtront toujours le courage politique. Il reste peu de temps pour tenir ces engagements de campagne. »

Pourquoi, selon vous, ces promesses n’ont-elles pas encore été tenues ?

« Le temps que ça a pris a exposé une partie de la société française. Quand on voit à quel point c’est facile pour d’autres pays, y compris sur des terres catholiques extrêmement fortes comme l’Irlande… Nos politiques ont été trop longs, ce qui a crispé la société. »

Êtes-vous favorable à la gestation pour autrui ?

« Oui, je suis favorable à une législation qui permettrait d’encadrer la pratique, plutôt que de le faire sous le manteau, à l’étranger. 80 % des couples qui en ont recours sont hétérosexuels. Que fait-on : On continue à être le pays de l’hypocrisie ? »