Béziers: Robert Ménard envoie des journalistes «se faire foutre»

MEDIAS Les deux hommes avaient rendez-vous avec le maire de la cité héraultaise pour une médiation, ce jeudi matin. L’entretien n’aura duré que sept minutes…

Nicolas Bonzom

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Le maire de Béziers Robert Ménard, lors d'une conférence de presse dans sa ville le 5 mai 2015
Le maire de Béziers Robert Ménard, lors d'une conférence de presse dans sa ville le 5 mai 2015 — PASCAL GUYOT AFP

Ce jeudi matin, Robert Ménard, le maire de Béziers, a envoyé «se faire foutre» deux journalistes. A 9 h du matin, Olivier Roirand (TV Sud), président du Club de la presse de Montpellier, et Sébastien Hoebrechts (Direct Matin Montpellier Plus), vice-président, avaient rendez-vous en mairie pour rencontrer le fondateur de Reporters sans frontières, «afin de tenter une médiation et d'apaiser les tensions croissantes entre l'élu et les médias locaux et régionaux», note le Club de la presse, dans un communiqué. En effet, depuis plusieurs mois, la tension monte entre Robert Ménard et Midi Libre Béziers. Le journal et ses journalistes sont violemment brocardés dans le journal municipal.

«Cette attitude d'un élu de la République est inacceptable»

L'entretien n'aura duré que sept minutes. «Aucune discussion n’a été possible puisque Robert Ménard a immédiatement envoyé les deux journalistes «se faire foutre», les chassant de «sa» mairie en proférant des insultes graves à l’encontre «des tocards», les journalistes locaux, et «d'un journal de merde», le Midi Libre», reprend le Club de la presse. «Cette attitude d’un élu de la République est inacceptable et constitue une attaque grave aux valeurs de la démocratie que porte la presse, mais aussi une insulte à l’encontre de ses millions de lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Cette attitude est d'autant plus inconcevable que Robert Ménard a débuté en tant que journaliste local à Montpellier, a cofondé le Club de la presse et créé Reporters Sans Frontières en terre montpelliéraine.»

«Robert Ménard avait accepté notre invitation, et notre rendez-vous était prévu depuis longtemps, note Sébastien Hoebrechts, l'un des deux journalistes. Le ton est monté, puis il nous a demandé de sortir de «sa» mairie en nous précisant qu'il était «chez lui» ici. Nous ne comprenons pas pourquoi il nous a reçu, si c'est pour nous envoyer balader ensuite...» De son côté, Robert Ménard a réagi sur le site de Libération: «On m’avait présenté ce rendez-vous comme une visite de courtoisie. Or, ces deux journalistes sont venus me faire une leçon de morale. Pour moi, Midi Libre est un journal d’opposition, et je ne vais pas m’incliner devant eux. J’ai été journaliste, et alors? Tous les journalistes n’ont pas forcément du talent, et on a le droit de les critiquer sans menacer la liberté de la presse.» L'incident fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux.