Montpellier: Les mamans du Petit-Bard veulent plus de mixité sociale dans les écoles

EDUCATION Une centaine de mères de famille ont traversé la ville, jusqu’à la place de la Comédie, ce mardi après-midi. Les écoles sont fermées depuis quinze jours dans le quartier…

Nicolas Bonzom

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Les mamans du Petit-Bard sur la Comédie.
Les mamans du Petit-Bard sur la Comédie. — N. Bonzom / Maxele Presse

Voici près de deux mois que les mamans du quartier du Petit-Bard se mobilisent pour injecter «plus de mixité sociale» dans les écoles. Face à l’indifférence générale, elles ont cadenassé, depuis une quinzaine de jours, les portails des quatre établissements (deux écoles élémentaires et deux maternelles), privant de classe quelque 600 élèves. Mardi, une centaine de mères de famille ont traversé la ville, pour faire entendre leur voix, du Petit-Bard à la Comédie.

«100 % des enfants sont d’origine maghrébine»

«Nous voulons sortir nos enfants des "écoles-ghettos", où l’on remarque un repli communautaire renforcé, confie Fatiha Aitala. Dans nos écoles, 100 % des enfants sont des citoyens français d’origine maghrébine, en grande majorité marocaine… Une mixité sociale ethnique et culturelle permettrait aux enfants du Petit-Bard d’apprendre le "vivre ensemble", de côtoyer d’autres cultures. Nous voulons que les écoles du quartier puissent refléter ce qu’est la société d’aujourd’hui.»

Selon Safia Habsaoui, une autre maman du Petit-Bard, les jeunes de son quartier n’ont «pas les mêmes chances de réussite que les autres». «Ils sont ensemble, dans le même quartier, fermé sur lui-même, presque les mêmes bâtiments et se retrouvent tous dans les mêmes écoles. Pour eux, il n’y a aucune perspective d’ouverture», souligne-t-elle. Les mamans dénoncent également le fait que, pour la plupart, après le CM2, les enfants du Petit-Bard soient orientés vers le collège Las Cazes, établissement classé en réseau d’éducation prioritaire +.

«Ce n’est pas à nous, parents, de trouver des solutions à ces problèmes-là, note Fawzia Oumoussa. Nous demandons aujourd’hui aux pouvoirs publics de se rassembler, autour d’une table, pour y réfléchir ensemble… Il faut des des gens courageux, pour engager des réformes.» Certains parents, eux, se promettent de « partir », ou d’inscrire leur enfant dans le privé. «Ça fait mal au coeur, mais laisser son enfant scolarisé ici, c’est une insulte à son avenir», confie une maman.

Dans un communiqué, le maire de Montpellier Philippe Saurel (divers gauche) se dit «très attaché à la mixité sociale». Cependant, le maire note que ces problématiques sont partagées entre la mairie, le conseil général et l’Etat.