Montpellier: Une maman achève sa marche à pied de douze jours contre les rythmes scolaires

EDUCATION Anne Moiroud a quitté Beaucaire, dans le Gard, le 29 avril dernier. Elle est arrivée au Rectorat de Montpellier ce lundi, en début d'après-midi...

Nicolas Bonzom

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Anne Moiroud, une maman qui marche contre les rythmes scolaires. Lancer le diaporama
Anne Moiroud, une maman qui marche contre les rythmes scolaires. — N. Bonzom / Maxele Presse

Après douze jours de marche, Anne Moiroud est arrivée à Montpellier ce lundi, en début d'après-midi. Le 29 avril dernier, cette jeune maman de Beaucaire, dans le Gard, entamait une épopée à pied entre sa ville et la capitale héraultaise, pour dénoncer la réforme des rythmes scolaires, qu'elle juge «dévastatrice». Mère d'une petite fille de six ans, elle a rassemblé dans quatre petits cahiers d'écolier, lors de son parcours, les doléances des parents, des élus, des enseignants et des associations qu'elle a rencontré. Certains d'entre eux ont même fait un bout de chemin avec elle.

«Les gens ont été adorables»

«La marche s'est très bien passée, confiait-elle, à son arrivée devant le Rectorat, le sac encore vissé sur le dos. Ça a été un peu dur au milieu du parcours, parce que j'avais fait de grosses étapes. Mais les gens ont été adorables: j'ai dormi dans des campings, chez des mamans... Parfois, les gens m'arrêtaient parce qu'ils m'avaient reconnu. Les boulangers, les cafetiers, les restaurateurs m'ont tous fait un brin de causette, m'ont parlé de leurs problèmes vis-à-vis de cette réforme...»

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Cette réforme des rythmes scolaires, qui offre des séquences de temps périscolaires aux enfants, et qui a rajouté une matinée de classe en plus, Anne Moiroud l'a en travers de la gorge. Et partout où elle est passée, elle assure que c'est partout pareil. «Il n'y a que de très rares cas de personnes qui vivent bien la réforme, reprend-elle. Ces nouveaux rythmes scolaires fatiguent les enfants, et ce n'est pas bon pour eux, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire. Dans les mairies, les élus ne s'en sortent pas. Les enseignants sont fatigués. Et les associations sont dégoûtées, car elles perdent des inscrits. C'est une catastrophe pour tout le monde. C'est une réforme qui rajoute de l'inégalité, et remet en cause l'école publique.»

Les enfants sont «crevés»

A son arrivée à Montpellier, plusieurs mamans sont venus saluer la démarche d'Anne Moiroud. Parmi elles, Stéphanie. Cette maman de trois enfants de Saint-Thibéry exige le retrait de la réforme. «En fin de semaine, les enfants sont complètement fatigués, excédés, les enseignants ne savent plus quoi en faire, raconte-t-elle. Et à la maison, ils sont... Disons-le: «chiants»! Ils sont crevés, tous les parents le disent. La coupure du mercredi est indispensable. On nous a promis une réforme qui emmènerait des résultats, elle a été bâclée.» Anne Moiroud devrait être reçue par la rectrice de Montpellier en fin d'après-midi, ce lundi. «Je vais lui dire qu'il faut écouter le peuple», confie-t-elle.