Ligue 1: L'erreur de com de Rolland Courbis

FOOTBALL Alors que Montpellier est toujours en lice pour une qualification européenne, son entraîneur ne veut pas la disputer...

Jérôme Diesnis

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Le coach montpelliérain Rolland Courbis à Lille, le 21 septembre 2014.
Le coach montpelliérain Rolland Courbis à Lille, le 21 septembre 2014. — M.Libert/20 Minutes

Rolland Courbis est un homme généralement très habile en communication. Mais son manque d’ambition européenne, alors que Montpellier peut toujours rêver d’un avenir européen (si Paris gagne la Coupe de France et qu'il souffle la sixième place à Bordeaux), est une erreur de communication majeure. Lorsque le coach n’éprouve «aucun regret» à l’idée de ne pas disputer la Coupe d’Europe après la défaite imméritée à Saint-Etienne (1-0), le discours est incompréhensible pour les supporters.

Malgré de très bons résultats au regard du budget du club, le stade de La Mosson sonne creux. La moyenne de spectateurs est l’une des plus basses de France (12.020), tout comme le taux de remplissage du stade (42%). Ce ne sont pas ces discours défaitistes qui entraîneront un sursaut d’intérêt.

Seulement 5% de relégués

Ces propos tranchent avec l’ambition du club qui se dévoile dans son excellent bilan sportif depuis 2008-2009 et par l’investissement dans les infrastructures au centre d'entraînement et de formation de Grammont que le club a racheté à la Ville, puis remis entièrement à neuf.

«Jouer la Ligue Europa la saison prochaine, c'est trop tôt. En revanche, faire un gros championnat et un bon parcours dans une Coupe et se qualifier celle d'après, ça serait mieux pour nos jeunes qui ne sont pas encore prêts, se défend Rolland Courbis. On n'a pas la chance comme au Portugal de jouer en Championnat le jeudi ou le lundi.» L’Europe et l’accumulation des matchs en semaine usent les effectifs limités. L'entraîneur n’a pas tort sur le fond. Les 123 qualifiés en Coupe d’Europe depuis 1998-1999 ont perdu en moyenne trois places la saison suivante. Avec quelques dévissages spectaculaires pour les invités surprises (à l'image de Nice, 4e en 2012-2013 et 17e l'année suivante).

Mais au final, seuls six européens ont connu la relégation la même année (Montpellier en 1999-2000, Troyes en 2002-2003, Guingamp en 2003-2004, Strasbourg en 2005-2006, Lens en 2007-2008 et Guingamp de L2 en National en 2009-2010). Elle a souvent touché des clubs pillés de leurs meilleurs éléments au mercato et donc beaucoup moins armés pour attaquer la saison suivante.

Le parcours de Guingamp en Ligue Europa (8e de finaliste en LIgue Europa, actuel 11e de L1) prouve que ce n’est pas une fatalité. Le MHSC n’a pas le droit de dénigrer cette magnifique carotte.