Montpellier: Dix ans après, le pilote d'essai du premier vol de l'Airbus A380 raconte

AERONAUTIQUE Claude Lelaie sera à la médiathèque Emile-Zola de Montpellier ce jeudi (14 h) pour une rencontre...

Nicolas Bonzom

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Claude Lelaie, le pilote d'essai du premier vol de l'Airbus A380.
Claude Lelaie, le pilote d'essai du premier vol de l'Airbus A380. — N. Bonzom / Maxele Presse

Le 27 avril 2005, à 10 h 29, un Airbus A380 décollait pour la toute première fois, depuis l’aéroport de Toulouse-Blagnac... Dix ans après, ce monstre du ciel est devenu l’un des avions les plus performants au monde et un fleuron de l’industrie en France. Claude Lelaie, 68 ans aujourd’hui, fut le pilote d’essai de cet avion, avant sa mise en circulation, en 2007. L’ancien salarié d’Airbus sera à la médiathèque Emile-Zola ce jeudi (14 h) pour partager son expérience avec le public (rencontre gratuite). Il revient sur ces 2 200 heures de vol avant la certification (2006), qui ont révolutionné l’aéronautique mondiale.

Un «grand avion»

«Lorsque l’on essaye un avion pour la première fois, on a forcément envie de de voir ce qu’il a dans le ventre, confie Claude Lelaie, ex-pilote de chasse, et directeur des essais chez Airbus, lors du premier vol de l’avion. Avec l’A380, dès le cinquième vol d’essai, on a vite compris que c’était un grand avion, et qu’il était réussi: les consommations étaient conformes aux prévisions des ingénieurs, il était très silencieux, et il n’y avait pas de vibrations. Mais il restait des tas de petits problèmes à régler avant que l’avion ne soit certifié.»

Des frayeurs et des mésaventures, le Toulousain en a connu quelques-unes lors des vols d’essai de l’A380: ils ont perdu le contrôle de l’avion trois fois, ou n’ont pas pu remonter le train d’atterissage. Mais rien de grave... «Dans le métier de pilote d’essai, on doit faire face, chaque jour, à de nouvelles surprises, confie Claude Lelaie. J’ai aussi en tête des souvenirs extraordinaires comme notre arrivée au pôle sud, sur l’Antarctique, à l’occasion des essais par grand froid...»

Dans cette période où le traumatisme du crash de l’Airbus A320, le 24 mars, est encore très présent, le pilote tient à rappeler que «l’avion reste le moyen de transport le plus sûr». «Il faut faire à peu près un million de fois le tour de la Terre avant d’être dans un avion où il y a un mort, explique Claude Lelaie. Essayez de faire ça en voiture...»

Claude Lelaie a publié « Les essais en vol de l’A380 », au Cherche-Midi.