Montpellier: «Les Roms ont le droit de prendre le bus comme tout le monde»

SOCIETE Les propos d'un syndicaliste FO réclamant au nom des passagers une ligne spéciale pour les Roms n'ont pas été appréciés par ces derniers...

Jérôme Diesnis

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Un bus immobilisé à Montpellier en 2006
Un bus immobilisé à Montpellier en 2006 — PASCAL GUYOT / AFP

«Mais plutôt que de pointer du doigt ces gens-là, vous ne croyez-pas que l’on devrait plutôt dénoncer leurs conditions de vie inhumaine?» Comme Marc, l’incrédulité est de mise à la lecture des propos de Dominique Granier.

Montpellier: Un syndicat de chauffeurs de bus dénonce «l'odeur insoutenable des Roms»

Dans La Gazette de Montpellier du 2 avril, le représentant syndical de FO à la TAM, évoquait «un danger sanitaire» et son souhait de réserver des «navettes spéciales» aux Roms. Ce sont visiblement ces propos qui incommodent les usagers de la ligne 9, plus que leurs «odeurs» dans le bus.

«Ils ont les mêmes droits»

«C’est assez incroyable d’avoir ce genre d’idées», s’étonne Lionel. A ses côtés, Madeleine, qui vient régulièrement se recueillir sur la tombe de sa fille au cimetière de Grammont est stupéfaite que l’on «veuille parquer des gens selon leurs origines. C’est vrai qu’il y a un problème sanitaire dans le camp, mais la solution n’est pas de les exclure de cette façon.»

Tout juste sortis de l’école, Ryan, Hugo et Xavier utilisent le bus deux fois par jour. Ils «ne comprennent pas ce qu’on leur veut». Pas une des personnes rencontrées (aucun chauffeur n’a souhaité s’exprimer officiellement, mais ils se sont souvent étonnés de ces propos en off), ce jeudi sur la ligne 9 à différents moments de la journée, n’a confirmé le pseudo malaise évoqué par Dominique Granier, qui les prenait pourtant à témoin.

«Ils ont quand même le droit le prendre le bus comme tout le monde!», clame une dame d’une cinquantaine d’années, souhaitant rester anonyme. 

  • «Appel à la haine»

Six associations dénoncent ces propos «qui participent du climat de stigmatisation et d’appel à la haine à l’égard des plus pauvres et singulièrement de la communauté Rom».