Montpellier: Des toilettes sèches tout confort qui recyclent les urines en centre-ville

ENVIRONNEMENT C'est l'entreprise montpelliéraine Ecosec qui a conçu cette cabine nouvelle génération, dont la première vient d'être installée au Zoo de Lunaret...

Nicolas Bonzom

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La cabine de toilette sèche d'Ecosec, à Montpellier.
La cabine de toilette sèche d'Ecosec, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes

Une nouvelle petite maison a fait son apparition au Zoo de Lunaret, à Montpellier, près du jardin d'enfant. Conçue en bois de Lozère, elle se confondrait presque avec le paysage: c'est une cabine de toilette sèche «nouvelle génération». Fabriqué par la jeune entreprise montpelliéraine Ecosec, c'est le tout premier WC de ce type à être implanté dans la capitale héraultaise, souvent décriée pour son manque de petits coins publics. «Des toilettes sèches en ville, c'est possible!», scandent ses créateurs.

«Avec ce projet, nous tentons de casser l'image rustique que les gens peuvent se faire des toilettes sèches, explique le Montpelliérain Vincent Le Daheron, ingénieur en sciences de l'eau, et fondateur d'Ecosec, dont l'activité est hébergée par le Pôle Réalis, à la Mosson. Avec nos cabines, fini la sciure, absolument aucune odeur et l'utilisateur ne voit pas ce qu'il s'est passé avant...» Le nettoyage de la petite maison cinq fois par jour par un technicien à vélo, et le distributeur de gel antibactérien permettent «une hygiène parfaite du lieu», assurent l'équipe d'Ecosec. Et fini le trou dans la terre, la cabine montpelliéraine bénéficie d'un trône tout confort, avec poubelle, tablette et porte-manteau...

Réutiliser les urines pour l'agriculture

Autre avantage d'Ecosec: le respect de l'environnement. «L'idée est de récupérer les urines stériles, c'est-à-dire qui n'ont pas été en contact avec les matières fécales, et de les réutiliser pour l'agriculture, reprend Vincent Le Daheron. Nous avons un partenariat avec l'organisme montpelliérain de recherche Irstea, qui a mis à notre disposition une parcelle agricole d'une centaine de mètres carrés pour tester le dispositif.» L'urine contiendrait tous les éléments nécessaires à la croissance des plantes: après évaporation de l’eau par distillation, l'entreprise obtient un engrais qui contient 100% des nutriments de l’urine dans un volume extrêmement réduit.

Grâce à un système de goutte à goutte, enfoui sous la terre, elle est directement revalorisée... C'est ce que veut démontrer Ecosec à la mairie et la métropole de Montpellier, avec qui elle a entamé des discussions, en vue d'implanter plusieurs cabines en centre-ville, sur la Comédie, au Corum, ou au Peyrou, ainsi que des urinoirs secs. «C'est idéal pour les plantes ornementales, note Vincent Le Daheron. C'est la première fois en France que l'on teste un tel dispositif.»

La jeune entreprise a lancé un projet de financement participatif sur le site Kiss Kiss Bank Bank pour les aider à développer leur concept. L'équipe cherche à réunir 11.000 euros.