Hérault: La justice sauve la saison du théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone

CULTURE L'association Bérenger-de-Frédol était menacée d'expulsion par la mairie, après 22 ans de collaboration, pour des questions de gestion et de subventions...

Nicolas Bonzom

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Le théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone, l'une des seules scènes conventionnées jeune public dans la région.
Le théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone, l'une des seules scènes conventionnées jeune public dans la région. — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes

A Villeneuve-lès-Maguelone, la bataille à laquelle se livrent la mairie et l’association Bérenger-de-Frédol, en charge du théâtre de la ville depuis 22 ans, a pris un nouveau tournant: le tribunal administratif de Montpellier a ordonné que l’équipe de Martine Combréas, la directrice de la structure culturelle, puisse continuer à occuper le théâtre jusqu’au 31 août. La saison 2014 / 2015 ira jusqu’au bout. Noël Segura (sans étiquette), le maire depuis 2008, souhaitait leur expulsion effective dès le mois de mars. Martine Combréas s’est dite «satisfaite» jeudi mais veut «retrouver le dialogue avec la mairie», qui sacrifie le fonctionnement de l’équipe depuis des mois.


«Un choix politique»

Alors pourquoi Noël Segura a-t-il pris soudainement la décision de renvoyer l’association, qui bénéficiait depuis 16 ans d’environ 96.000 euros de subvention annuelle, et dont la programmation a toujours reçu les éloges du secteur de la culture et du public? Martine Combréas n’en a «aucune idée». Ou alors quelques «lueurs d’idées». Mais elle préfère «en rester là». «Il n’y a jamais eu d’engagement politique, au sein de l’équipe, note Martine Combréas, très émue ce jeudi devant les journalistes. Quant à moi, je suis complètement en dehors de tout ça.»

Officiellement, le maire invoque des problèmes de gestion et une association bien trop gourmande en subventions. «Les comptes ont été présentés régulièrement à nos partenaires financiers, sans que personne ne trouve rien à redire, reprend la directrice. Notre expert-comptable a même été félicité par l’Urssaff pour sa gestion. Quant aux difficultés de la mairie, nous les avons pris en compte. Quand on dit qu’il n’y a plus d’argent, on va installer 400.000 euros de caméras. Je ne juge pas. Mais il s’agit bien d’un choix politique.» Sollicité, le maire n’a pas donné suite à notre demande.

Les parents sont solidaires de l'association: «Nous désapprouvons la décision du maire, note Marie Zech, porte-parole des parents d’élèves de la commune. C’est une chance pour nos enfants de voir des spectacles de qualité, qui ouvrent l’esprit.»