Béziers: Robert Ménard rebaptise une rue du nom d'un putschiste de la guerre d'Algérie

POLEMIQUE Se défendant de toute nostalgie, le maire de Béziers élu avec le soutien du Front National estime qu'il cicatrise une plaie en refusant de commémorer le 19 mars 1962 comme la fin de la guerre d'Algérie

Jérôme Diesnis

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Robert Ménard dévoile la plaque de la rue rebaptisée Cdt Denoix de Saint-Marc
Robert Ménard dévoile la plaque de la rue rebaptisée Cdt Denoix de Saint-Marc — Jérôme Diesnis/Maxele Presse

Des centaines d’anciens combattants, et face à eux, à distance respectable derrière des barrières et un cordon policier, des manifestants mobilisés «contre le fascisme et les crimes de l’OAS»: dans un climat tendu, Robert Ménard, maire de Béziers élu avec le soutien du FN, a rebaptisé ce samedi la rue du 19 mars 1962 (date des accords d’Evian), en rue du Commandant Denoix de Saint-Marc, résistant déporté en Allemagne, soldat en Indochine et putschiste lors de la guerre d’Algérie.

— Jerome Diesnis (@JeromeDiesnis) March 14, 2015 ">14" target="_blank">

«Des dizaines de milliers de harkis sont morts après cette date. Estimer que la guerre s’est terminée le 19 mars 1962, c’est faire preuve d’un révisionniste inacceptable, se justifie Robert Ménard, lui-même né à Oran en 1953. C’est pour cela que j’ai décidé de débaptiser cette rue et lui donner le nom d’un héros de ce pays.»

«Vive la France française»

A l’autre bout de la rue, Christelle, un drapeau rouge du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). en main, s’indigne devant «Robert Ménard [qui] divise les gens, ravive les rancœurs. Il joue un jeu extrêmement dangereux»

Dans la matinée, le Premier ministre Manuel Valls avait dénoncé «la nostalgie, et notamment la nostalgie de l’Algérie française [qui] n’apportera rien de bon. Aujourd’hui, on a besoin de regarder l’avenir avec de l’optimisme et le Front national n’aime pas la France.»

Des propos balayés par le fondateur de Reporters sans Frontières. «Dire que ce que nous avons fait ici aujourd’hui se résume à la nostalgie de l’Algérie française, c’est faire la preuve que l’on est un crétin.» Sur la tribune, quelques instants plus tôt, il avait demandé à l’assistance toute acquise à son propos de dire «non à cette France multiculturelle qu’on nous impose». Et de conclure d’un «Vive la France française» sans ambiguïté.

Robert Ménard, Manuel Valls et le FN

En réponse à Manuel Valls sur le Front National, le maire de Béziers s'est fait incisif. «Comment oser dire que le Front National, dont je ne fais pas partie, n'aime pas la France. Dire : "je suis un Républicain, les autres ne le sont pas", ce n'est vraiment  pas un propos de Premier ministre. Mais il y a longtemps qu’il ne tient plus un propos de Premier ministre, notre Premier ministre.»