Montpellier: Un recours en annulation contre le projet de nouvelle gare TGV à la Mogère

TRANSPORTS Le collectif anti-gare TGV a déposé un contentieux devant le tribunal administratif contre une infrastructure qu'il juge inutile et chère...

Nicolas Bonzom

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Le projet de nouvelle gare TGV à la Mogère. Lancer le diaporama
Le projet de nouvelle gare TGV à la Mogère. — Projet RFF

La deuxième gare TGV de Montpellier, prévue pour 2017 à la Mogère, a du plomb dans l'aile. Un collectif a déposé un recours en annulation au tribunal administratif contre le projet. Un contentieux qui intervient alors que des voix s'élèvent, depuis plusieurs mois, contre «une gare inutile», seulement destinée «à justifier le projet immobilier Oz», et que le commissaire enquêteur a conclu à un projet inutile, cher et non-justifié. 20 Minutes liste les trois principales raisons qui poussent les opposants à se mobiliser.

  • Des risques d'inondation. Selon le collectif, la gare serait située «sur la zone d’expansion d’un ruisseau, le Nègue-Cats, qui a sévèrement débordé lors des inondations du 29 septembre 2014». L'étude d'impact aurait été «bâclée», ignorant ces risques. «Aux dernières inondations, les champs autour ont été complètement inondés», souligne Michel Julier, porte-parole du collectif. Dans le rapport d'enquête publique, Réseau ferré de France (RFF, aujourd'hui SNCF Réseau) note que «le bâtiment voyageur est hors zone à forte sensibilité hydraulique. Il est conçu au-dessus des voies (8 mètres au-dessus du terrain naturel) et n’aura pas d’incidences sur l’écoulement du Nègue‐Cats. Seuls l’extrémité est des quais et une partie du parc de stationnement sont situées dans cette zone.»
  • Une «gare fantôme». «Ce sera une gare fantôme pendant au moins trois ans, dans l’attente de l’autre nouvelle gare prévue à Nimes-Manduel, note le collectif. Or celle-ci est susceptible d’être encore retardée de deux ans.» Les écologistes Manu Reynaud, Coralie Mantion, Nadja Flank et Alain Bourbouze, opposés au projet, soulignent, dans une lettre ouverte, qu'il est «très probable que Montpellier fasse la une des médias quand elle inaugurera une «gare des vignes» sans train (ou presque) comme Amiens traîne son boulet de la «gare des betteraves» depuis vingt ans.» RFF justifie pourtant son projet, en soulignant que «l’entrée ferroviaire en gare Saint‐Roch ne permet pas de recevoir de nouvelles circulations alors que Montpellier connaît une croissance démographique continue. (…) Elle ne peut à elle seule supporter l'augmentation de trafic envisagé.»
  • Une gare Saint-Roch toute neuve. Les opposants mettent en avant la transformation récente de la gare Saint‐Roch, inaugurée en décembre, avec une nef toute neuve. Pour eux, il est absurde qu'il en existe une autre. De son côté, RFF juge les deux gares «complémentaires»: «Libérée de la plupart des trains de marchandises et des trains grande distance, la gare Saint-Roch pourra recevoir de nouveaux trains régionaux.»

 

Pour justifier sa volonté de ne pas faire annuler le projet, qui doit coûter 135 millions d'euros, Philippe Saurel (divers gauche), maire et président de Montpellier Métropole, note que les indemnités de pénalité seraient trop énormes à supporter (2 milliards d'euros). «Faux» répondent les opposants au projet. Selon EELV, «une simple délibération [de la métropole] peut remettre à plat le projet et son calendrier dans leur ensemble.»