Ils piquent une belle colère

Jérôme Diesnis

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L'EID Méditerranée ne dispose plus que d'un seul insecticide pour les larves
L'EID Méditerranée ne dispose plus que d'un seul insecticide pour les larves — N. Bonzom / Maxele Presse

Montpellier et la lande littorale redeviendront-ils une terre infestée de moustiques ? 50 ans après la mission Racine, l'EID Méditerranée et les sept collectivités territoriales qui le composent, s'alarment du manque de soutien de l'État et des conséquences des directives européennes qui mettent en péril son action de démoustication.

« Depuis 2003, suite à la directive biocide (de 1998), nous ne disposons plus que d'un seul insecticide pour traiter les larves (le BTI) et un seul pour les adultes, et encore uniquement en milieu urbain, s'alarme Christian Jean, président de l'EID. Auparavant, nous avions onze produits à disposition. »

Les industriels rebutés


Si les normes ont permis de limiter leur impact sur l'environnement, l'EID pointe le coût des homologations des insecticides (jusqu'à un million d'euros) qui rebutent les industriels : « Il faut une dizaine d'années pour rentabiliser cet investissement, détaille Christophe Lagneau, directeur recherche et développement. Personne ne prend ce risque, alors qu'une vingtaine de substances susceptibles d'être homologuées est identifiée. C'est un problème de santé publique. Nous demandons l'aide de l'Etat et de l'Union européenne. »

Outre le risque de résistance, compte tenu de l'impossibilité de varier les traitements, c'est bien la santé de la population qui est en jeu : le moustique tigre, vecteur de la dengue et du chikungunya est définitivement installé chez nous. « Laissez-nous les moyens de poursuivre notre action », s'indigne Christian Jean.