Djihadistes originaires de Lunel: «Un jour, on les a perdus de vue»

faits divers Deux Lunellois sont morts au djihad, entre l’Irak et la Syrie...

Nicolas Bonzom

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Le bar ouvert par Karim, l'un des jeunes originaires de Lunel, partis faire la djihad.
Le bar ouvert par Karim, l'un des jeunes originaires de Lunel, partis faire la djihad. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes

A Lunel, le silence règne: dans cette ville de 26.000 habitants, rares sont ceux qui acceptent de témoigner sur le sort de Karim, 28 ans, et Hamza, 19 ans. Originaires de la cité Pescalune, ils sont décédés ce samedi, alors qu’ils étaient partis faire le djihad il y a quelques mois, en Syrie. Membres d’un groupe composé d’une dizaine de djihadistes de Lunel, ils pourraient être morts en Irak, tandis qu’ils passaient d’un pays à l’autre. Déjà, en octobre, la ville avait été marquée par le décès de quatre autres jeunes.

«Ils étaient très gentils»

«C’est comme la dernière fois, soupire un client dans un restaurant. Ces petits, on les a croisés, ils étaient très gentils et sans problèmes. Ils participaient tous les deux à leurs façons à la vie de la ville. Et puis un jour, on les a perdus de vue.» Près du lycée Feuillade, où Karim avait ouvert un bar (Le Bahut), on s’interroge: «Il était super avec les clients, témoigne un habitant. Puis ça a fermé. Et aujourd’hui, il n’est plus là. Qu’est-ce qu’il se passe entre les deux instants, mystère. Paix à son âme.» A ses côtés, un jeune de Lunel semble exaspéré par le ballet de journalistes qui arpentent la ville: «Nous on ne sait rien! On ne sait pas ce qu’il s’est passé... Il faut arrêter de stigmatiser la ville.»

Et c’est bien ce qui fait peur à Claude Arnaud, le maire divers droite de Lunel, qui évoque un profond « sentiment d’injustice»: «C’est une ville agréable à vivre, dans laquelle la cohésion et la tranquillité sociale sont une réalité concrète », confie-t-il. De son côté, sollicitée à plusieurs reprises par 20 Minutes, la communauté musulmane de Lunel n’a pas donné suite. En octobre, elle avait fermement démenti «les suppositions ou les rumeurs qui affirmeraient que la mosquée abriterait une filière jihadiste.» Désormais dans la commune héraultaise, on n’a peur que d’une chose: «qu’une autre mauvaise nouvelle arrive».