La production régionale de miel a le bourdon

Jérôme Diesnis

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Une abeille en plein travail.
Une abeille en plein travail. — Adapro LR

Le symbole est fort. Le concours Sud de France des miels a été annulé. « Les produits primés font l'objet d'une importante demande des consommateurs. Or, avec les faibles volumes de production, il était impossible d'y répondre », constate Eric Lelong, président régional de l'association de développement de l'apiculture professionnelle (Adapro).

« Un appel aux dons »


Aux causes de mortalité des abeilles (principalement vicyimes du frelon asiatique et des pesticides), se sont ajoutées des conditions climatiques extrêmes. Ainsi que l'arrivée du cynips, dans les Cévennes et le Lodévois. L'insecte importé accidentellement d'Asie contamine les châtaigniers, dont les fleurs représentent 30 % de la production locale de miel cru.

L'introduction du torymus, son prédateur naturel, est le meilleur moyen de le combattre. Mais cette lutte a un coût. « Dans le Var ou l'Ardèche, l'État a perdu du temps pour agir et mis la filière apicole en danger. On va certainement lancer un appel aux dons », note le responsable de l'Adapro.

La chute de la production se chiffre entre 40 à 80 %, selon les miellées. Elle intervient alors que le miel des Cévennes s'apprête à obtenir la protection d'une Indication géographique protégée (IGP). « Mais cette labellisation est pertinente avec un volume de production conséquent. La situation est préoccupante », s'inquiète Sven Jordy, président du Groupement qualité des miels du Languedoc-Roussillon.

■ Production en recul

Avec une production de 1 200 t en 2012, la région se situait au quatrième rang national. En 2010, seules 18 000 des 40 000 t consommées étaient produites en France. En 2014, la production a chuté de moitié.