Ils survivent sans bourses

Nicolas Bonzom

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L'Institut régional de travail social.
L'Institut régional de travail social. — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes

A l'Institut régional du travail social (IRTS) de Montpellier, les étudiants boursiers sont dans une situation très délicate : une partie n'aurait rien touché des sommes auxquelles ils ont droit pour leurs formations. La situation est « dramatique » pour certains d'entre eux, qui songent à abandonner les cours pour « retourner pointer au chômage ». Versée par la région Languedoc-Roussillon, cette bourse sanitaire et sociale était, pour beaucoup, une condition sine qua non pour commencer la formation de travailleur social.

« Des dossiers hors délai »


« Sans celle-ci, nous n'aurions pas pris une telle décision, et aurions cherché un emploi alimentaire, témoigne Sandrine, étudiante en 1re année. Je suis maman célibataire d'une petite fille de 2 ans. Mes ressources ne couvrent pas la totalité de mes charges courantes. Mon reste à vivre est négatif, et je n'ai aucun moyen aujourd'hui de subvenir aux besoins de ma fille : il est impossible d'acheter de la nourriture ou des couches. » La jeune mère confie avoir droit à une bourse de 3 000 €, soit 300 € par mois sur une période de dix mois. « A la région, ils nous explique qu'ils ne peuvent rien y faire, qu'ils ont du retard, reprend-elle. Ils précisent qu'en février, je vais toucher six mois d'un seul coup. » Pour Caroline, aussi boursière à l'IRTS, la situation est alarmante : « On ne sait plus quoi faire pour être entendu, précise-t-elle. Je devais toucher 400 € chaque mois, je n'ai rien eu. Je vis très difficilement. Je suis au Secours populaire. On galère. Et toute cette histoire commence à nous énerver. » L'inquiétude est partagée par Aline, également à l'IRTS : « Je suis en train de m'endetter, assure-t-elle. On nous promet une formation stable et on nous laisse crever de faim ! Je me demande, parfois, si je ne dois pas arrêter. » La région assure que tous les dossiers complets et transmis dans les délais, soit avant le 15 mai, sont traités et en paiement. Ce non-paiement pour certains serait dû notamment à un dépôt des demandes hors délai. « Leurs dossiers seront traités dans l'ordre d'arrivée des pièces », confie la collectivité. Actuellement, sur 388 dossiers déposés pour la rentrée, seuls 125 ont été acceptés, note la région.