Manitas de Plata: «Il est un symbole irremplaçable pour les gitans»

DECES Le guitariste s'est éteint à l’âge de 93 ans, dans la nuit de mercredi à jeudi...

Nicolas Bonzom

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Manitas de Plata sur le scène du Bataclan à Paris, le 17 octobre 2003.
Manitas de Plata sur le scène du Bataclan à Paris, le 17 octobre 2003. — AFP PHOTO/ BERDA SEBASTIEN

Une légende s’est éteinte. Manitas de Plata est mort dans son lit, dans sa maison de retraite, à l’âge de 93 ans dans la nuit de mercredi à jeudi. Né dans une caravane, à Sète, Ricardo Baliardo (son vrai nom) se fait surnommer «le guitariste aux petites mains d’argent»: dès 9 ans, il fait preuve d’un talent immense pour la guitare, qu’il apprendra sans savoir lire une seule note. Un don qui le propulsera, des années plus tard, sur les plus grandes scènes du monde.

«Un symbole»

«Pour nous les gitans, c’était un chemin, confie Paco, petit-fils de l’artiste flamenco, la gorge serrée. Il était très généreux, et a toujours tendu la main à ceux qui étaient dans le besoin. Manitas, c’était aussi un grand-père formidable. On ne le voyait pas trop souvent, à cause de ses tournées. Mais je garde des souvenirs indélébiles de sa présence à nos côtés. Il n’y a pas vraiment de mots pour expliquer ça.» En plus de soixante ans de carrière, l’Héraultais a vendu environ 93 millions de disques à travers le monde, et chanté pour Charlie Chaplin, Brigitte Bardot, Picasso ou Dali.

Pourtant, en 2012, le guitariste flamenco, qui vient de fêter ses 91 ans à l’Olympia à Paris, fatigue. Malade, et ruiné par sa générosité, et un rythme de vie effréné, il s’enferme dans un petit appartement de 20 m2 à la Grande-Motte, sans le sou, entouré des siens. «J’étais un grand guitariste flamenco, confiait-il avec difficulté, en septembre 2013, à 20 Minutes. Et aujourd’hui voilà. Je n’arrive plus à jouer de la guitare. Ça me manque!» Mais de Manitas de Plata, ceux qui l’ont fréquenté préfèrent conserver le souvenir d’un «génie».

«Il est un symbole irremplaçable pour les gitans, confie son neveu, Nino Baliardo. Cet homme avait un talent inouï. On va essayer de reprendre le flambeau qu’il a su allumer.» Ses obsèques ont lieu samedi, à 14 h 30, à Grammont.