Londres, par son côté noir

Jérôme Diesnis

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Michel Moatti a vendu 15 000 exemplaires de son premier roman.
Michel Moatti a vendu 15 000 exemplaires de son premier roman. — Agnès Chalnot Communication

«Il parait que les thrillers sont lus majoritairement par les femmes. Lorsque je signe des dédicaces, je me rends compte qu'au moins 80 % de mes lecteurs… sont des lectrices. » C'est peut-être parce que Michel Moatti prend un soin particulier à dépeindre les futurs victimes de « ses » serials killers que d'autres femmes sont à ce point captivées par ses romans.

Le hasard de la découverte


Après le succès de Retour à Whitechapel qui reprenait avec minutie le fil de l'histoire de Jack l'Eventreur, le Montpelliérain, maître de conférences en sociologie à l'université Paul-Valéry, retourne explorer la partie obscure de Londres. A une autre époque, celle d'une ville pendant le Blitz, le bombardement par les V2 nazis, celle du Blackout propice aux pires horreurs. « C'est en effectuant mes recherches sur Jack l'Eventreur que j'ai découvert par hasard l'histoire de Gordon Cummins. J'avais tellement de notes que j'ai décidé d'en faire un nouveau roman.»

Au-delà de ces personnages morbides, c'est la finesse avec laquelle il dépeint la fragilité des victimes que Michel Moatti parvient à toucher ses lecteurs. La détresse d'une ville meurtrie y suinte avec la même force que dans son premier roman, vendu à 15 000 exemplaires. « Je m'intéresse autant à la personnalité des tueurs qu'à celle des victimes et à l'atmosphère de l'époque », explique-t-il. Il sera ce jeudi (18 h 30) à l'Auditorium du musée Fabre pour évoquer et dédicacer son roman.