VIDEO. Montpellier: Spectacle désolant après l'inondation

REPORTAGE Des quartiers ont été de nouveau submergés durant la nuit de lundi à mardi...

Nicolas Bonzom
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Le stade de la Mosson touché par les inondations à Montpellier, le 7 octobre 2014
Le stade de la Mosson touché par les inondations à Montpellier, le 7 octobre 2014 — Sylvain Thomas AFP

Certains habitants parlent d’une «malédiction dans l’Hérault» tandis que d’autres gardent le sourire, se fendant d’un cynique «Jamais deux sans trois». Quelques-uns craquent, devant leurs voitures dévastées par la force de l’eau.

Pour la troisième fois en trois semaines, la région de Montpellier a été le théâtre d’inondations spectaculaires dans la nuit de lundi à mardi provoquées par de forts orages. «Ce sont des phénomènes qui sont très rares, souligne Roland Mazurie, directeur du centre local de Météo France. Les pluies ont été quasiment aussi importantes que sur Mauguio et Montpellier, la semaine passée. Il est tombé environ 160 mm sur Prades-le-Lez et 300 mm sur Grabels. Le fait que les cours d’eau et les nappes souterraines soient saturés n’a rien arrangé à la situation.»

Les conséquences ont été désastreuses pour les communes riveraines: Villeneuve-lès-Maguelone, Juvignac, Lattes, Saint-Jean-de-Védas et les quartiers de la Paillade, de Malbosc et Euromédecine ont été sévèrement touchés. Quelque 200 à 300 personnes ont été mises en sécurité dans des gymnases, 32 hélitreuillages ont été réalisés dans la nuit, par 200 pompiers héraultais, avec 75 gendarmes et 20 policiers.

«Je n’ai jamais vu ça»

C’est à Grabels que le spectacle est le plus désolant. Les voitures sont dans les arbres, les maisons, et les jardins, dévastés et la force de l’eau a emporté un pont. «C’est absolument énorme. Des quartiers ont été submergés, des voitures emportées dans la rivière. On a mobilisé les bonnes volontés», souligne René Revol, le maire de la commune.

«Je n’ai jamais vu ça», confie une riveraine du Rieu Massel, un petit cours d’eau, qui s’est changé en véritable torrent. «L’eau montait trop vite et on a du se réfugier, sur le toit de la maison, souligne un voisin. Les pompiers sont venus en hélicoptère, pour nous mettre en lieu sûr. Et, ce matin, famille et amis nous aident à remettre tout en état... On ne pourra même pas sauver les meubles. Les voitures sont à un kilomètre plus loin.»

Des scènes de chaos qui n’ont d’égales que  deux épisodes de 1933 et 1976, années où les sinistres, liés aux inondations, furent exceptionnels. «Je me souviens très bien quand j’étais gamin, d’une grosse inondation qui a emporté tous les arbres, se rappelle un vieil habitant de Grabels venu prendre des nouvelles d’un ami sinistré. Mais bon à l’époque, il n’y avait pas de maisons aussi près de l’eau...»

Tandis que chacun constate l’étendue des dégâts, tous n’ont qu’une crainte, en tête: «que ça recommence». «Il peut y avoir, encore, des épisodes pluvieux jusqu’à dimanche voire lundi, en région, confie Roland Mazurie à Météo France. Mais on ne sait pas encore où exactement...»