Montpellier: Un visage familier sur la préhistoire

Jérôme Diesnis
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Drôle de personnage que ce Jean Arnal. Simple médecin de campagne, il est reconnu aujourd'hui comme l'un des fondateurs des recherches sur la période néolithique en France (-6000 à -2300 avant JC). « Il a découvert la préhistoire par passion et par hasard. En allant voir ses patients, il s'est intéressé à nombre de vestiges, comme les sépultures et les dolmens », évoque Xavier Gutherz, commissaire de l'exposition Jean Arnal et le néolithique en Languedoc, accueillie jusqu'au 10 août au musée Lattara à Lattes.

« Difficile à faire revivre »


L'exposition temporaire se dévoile à travers ce personnage haut en couleur, dont les découvertes ont eu un retentissement bien au-delà des frontières régionales. « Il a fait partie de la poignée de chercheurs français qui ont mis de l'ordre dans cette période, dans l'espace et le temps », reprend le professeur de préhistoire.

L'exposition fait une large place à ses découvertes et sa collection personnelle léguée à sa mort (1987), par sa famille, au musée. Le reste étant constitué de prêts de différents musées et particuliers de la région. « Le néolithique est une période difficile à faire revivre. Ce personnage très contemporain qu'est Jean Arnal l'humanise », souligne Lionel Pernet, directeur du site archéologique.

La difficulté à traiter le néolithique de façon ludique explique en partie la rareté des expositions qui lui sont consacrées. « Il n'y a pas eu de synthèse de cette période de cette ampleur depuis longtemps, reprend Lionel Pernet. Elle permet de proposer une vision suffisamment précise pour que les visiteurs sortent avec des idées assez larges de cette période assez méconnue de la préhistoire. »

■ Année faste pour le centre archéologique

Lattara prend de l'ampleur. Le peuple méconnu des Iapodes a attiré 10 500 personnes, son nouveau record au ratio de visiteurs par jour. L'exposition consacrée à l'odyssée Gaulois (plus longue), avaient intrigué 15 000 visiteurs. « C'est la première fois que deux expositions créées à Lattara sont ensuite exposées dans d'autres villes. C'est un vrai enjeu car nous faisons de grandes économies sur le transport, le poste le plus cher », souligne Lionel Pernet.