Un embryon imprimé en 3D

Nicolas Bonzom

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Les docteurs Samuel Mérigeaud (Tridilogy) et Elodie Scalici, ainsi que 
le professeur Samir Hamamah ont créé la technique (de gauche à droite).
Les docteurs Samuel Mérigeaud (Tridilogy) et Elodie Scalici, ainsi que le professeur Samir Hamamah ont créé la technique (de gauche à droite). — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes

Selon le Pr Samir Hamamah, qui a développé le procédé au CHRU de Montpellier, « c'est un pas de géant pour la fécondation in vitro ». Pour la première fois « dans le monde », une équipe a rendu possible la modélisation et l'impression en 3D d'un embryon humain de moins d'une semaine. Créée avec la société montpelliéraine Tridilogy, la technique permettrait une observation améliorée de l'embryon, pour « déterminer le meilleur candidat » à replacer dans l'utérus. Car en France, environ deux tiers des fécondations in vitro se terminent par un échec.

«Un progrès immense»


« Ce taux de succès est insatisfaisant, confie Samir Hamamah. Notre objectif, c'est que les parents rentrent chez eux avec un bébé dans les bras. La 3D va nous permettre de mieux observer les embryons et de repérer, beaucoup plus facilement, ceux qui sont aptes à une fécondation in vitro et d'accroître, nous l'espérons, le taux de réussite. » Le procédé, qui fait l'objet d'un brevet en Europe et aux Etats-Unis depuis le 1er juillet, devrait aussi engendrer des économies, selon ses inventeurs. « En France, la fécondation in vitro est facturée environ 5 800 € dans un hôpital, et peut grimper jusqu'à 20 000 € dans certains pays, reprend le Pr Hamamah. C'est excessif pour un couple qui n'a pas trop de moyens ! Si nous permettons d'abaisser le nombre de tentatives [2, 8 en moyenne] avant la naissance d'un bébé, ce serait un progrès immense… » Trente-six ans après la naissance de l'Anglaise Louise Brown, premier bébé-éprouvette, la fécondation in vitro progresse.