La vie rêvée des mérous

Nicolas Bonzom

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Laurent Ballesta a observé les comportements des mérous. Ici, un combat.
Laurent Ballesta a observé les comportements des mérous. Ici, un combat. — Laurent Ballesta

A cette profondeur-là, « ce n'est pas sans incidence sur l'organisme », souligne le Montpelliérain Laurent Ballesta. Le biologiste marin a effectué, en juin, une plongée d'exploration de 24 heures, à plus de 20 m de profondeur, dans l'archipel des Tuamotu en Polynésie. Ce défi à haut risque a immergé l'Héraultais au cœur d'une nuit marine où des milliers de mérous se rejoignent pour se reproduire. « Il y a eu une longue préparation physique et technique, confie Laurent Ballesta. Mais je n'ai ressenti du stress que quelques jours avant la plongée. J'ai eu peur d'avoir froid, de ce qu'il pouvait se passer dans l'eau. »

Le danger des requins


Car son expédition, qui bat au passage un record de plongée, ne fut pas sans risque, notamment à cause de la présence permanente de prédateurs aux dents acérées. « J'ai partagé toute ma nuit avec des requins, reprend-il. Ils étaient là pour chasser les mérous. Ils sont à l'affût du moindre bruit. J'ai eu des contacts physiques avec eux toute la nuit, ils sentaient nos combinaisons et nos bouteilles d'oxygène, mais sans jamais mordre. » La performance aura permis d'en savoir un peu plus sur le mystérieux ballet amoureux auquel se prêtent les mérous marbrés du Pacifique. Au printemps, un documentaire sera diffusé sur Arte, pour raconter la « nuit des mérous ». « C'est la plongée qui m'a procuré le plus de surprise et d'étonnement, note Laurent Ballesta. Quant à Jean-Marie Belin, mon directeur de plongée, il a réussi à limiter le temps de remontée à deux heures, là où il aurait fallu 20 heures. Il a apporté quelque chose de plus. »