« C'est inacceptable ! »

Michaël Corbier L'avocat de «Casti» rejette le réquisitoire du procureur

Propos recueillis par Jérôme Diesnis

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" Je conteste la légitime défense ".
" Je conteste la légitime défense ". — J.Diesnis / Maxele Presse

Le 21 septembre 2012, Florent Castineira, alias « Casti », perdait son œil en marge du match Montpellier–Saint-Etienne. Le parquet vient de communiquer un réquisitoire définitif de non-lieu, dont l'usage veut qu'il soit confirmé par l'ordonnance du juge d'instruction. Michaël Corbier, avocat de Casti, est atterré.

Qu'évoque le procureur ?

Des faits que les policiers avaient jusqu'alors remis en cause. Et pourtant il ne retient aucune responsabilité pénale ! Le parquet reconnaît que la blessure est due à un tir de Flash-Ball direct du policier. Selon lui, lorsque le tir est effectué, les conditions de la légitime défense sont réunies.

Vous pointez des incohérences…

Je conteste la légitime défense qui n'était ni nécessaire, ni proportionnée. L'essentiel des échauffourées a eu lieu en réaction à sa blessure, alors que les policiers disent que le tir de Flash-Ball a tenté de les pondérer.

Avez-vous pu le démontrer ?

C'est clairement établi dans le PV d'exploitation de la vidéo de surveillance de la ville de Montpellier, rédigé par un brigadier de police, dont bizarrement le procureur de la République ne parle pas. Il y a 14 minutes de décalage entre le moment où Florent Castineira est touché et celui où les supporters se montrent agressifs. Il y a un véritable problème chronologique.

Quel est votre sentiment ?

Je me retrouve à agir comme si j'étais l'avocat d'un mis en cause, alors que nous sommes partie civile. Mes demandes faites au juge ont toutes été rejetées On bascule dans l'inacceptable, l'absence totale d'humanité. Florent Castineira n'a pas pris part à l'échauffourée, tous le reconnaissent. Il est victime d'une bavure et on va lui dire que c'est la faute à pas de chance…

Pouvez-vous faire appel ?

Non, car nous sommes au tribunal correctionnel. On va engager une action devant le tribunal administratif pour obtenir des dommages et intérêts au civil. Un juge lui dira que l'Etat est responsable des conséquences de l'usage de cette arme par un policier. Mais ça ne suffit pas. On a le tireur, l'arme, la blessure, mais pénalement, il n'y aura aucune suite. Subir le pot de terre contre le pot de fer est inacceptable.

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