Leur mariage a épousé l'histoire

Nicolas Bonzom

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Vincent et Bruno Boileau-Autin, le premier couple gay marié de France.
Vincent et Bruno Boileau-Autin, le premier couple gay marié de France. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

Vincent et Bruno Boileau-Autin n'ont rien oublié de ce jour qui a changé leur vie. Et marqué l'histoire. Il y a un an, le 29 mai 2013, ils étaient le premier couple gay à se marier légalement en France, dans la salle des rencontres de l'hôtel de ville de Montpellier. Un événement qui a fait la une des médias du monde entier. « Notre album photo est assez imposant, c'est vrai ! », sourit Vincent, brandissant une impressionnante pile de journaux. Pourtant, malgré le crépitement des flashs des photographes et l'agitation médiatique, les deux hommes gardent de ce jour-là des souvenirs « encore émus ». « On était dans notre bulle, se rappelle Bruno. Mais sur le parvis de la mairie, les gens criaient, applaudissaient... On entendait tout ça. On s'est dit :»Les gens sont avec nous«. Et puis, il y a eu la remise du livret de famille... C'est là que je me suis rendu compte que Vincent et moi, étions considérés comme une famille. » Malgré tout, pour les deux Montpelliérains, « le combat n'est pas terminé ».

« Je suis en colère »


« Le président Hollande n'a pas tenu toutes les promesses pour lesquelles il s'était engagé. Il y a, notamment, un abandon total de la question de la PMA [procréation médicalement assistée]. Je suis en colère, déçu, et plutôt pessimiste », confie Vincent, qui est président de la Lesbian and Gay Pride de Montpellier et du Languedoc-Roussillon. « Et puis, ces manifestations ont fait beaucoup de mal, reprend Bruno. Ils sont allés jusqu'à les retransmettre en direct sur certaines chaînes. Je me suis dit :»Non, mon pays ne peut pas me faire ça. On n'est pas en train de me détester en direct à la télévision...« » Un an après, subsistent le même amour, et la même volonté de combat.

■ « Un moment essentiel », dixit Mandroux

Hélène Mandroux, ancienne maire, qui a uni Vincent et Bruno, se souvient de ce 29 mai 2013 : « Je ne sais pas si c'était un moment historique, c'est en tout cas ce que tout le monde dit, confie-t-elle. Mais c'était un moment essentiel, car une discrimination disparaissait. La société avançait. Et ce n'était pas un dossier facile... J'ai quand même reçu des menaces de mort ! Et c'était la première fois que je me baladais avec quatre gardes du corps à mes côtés... »