Le stade du Père-Prévost est sauvé

Nicolas Bonzom

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Le stade du Père-Prévost, laissé à l'abandon, est complètement dégradé.
Le stade du Père-Prévost, laissé à l'abandon, est complètement dégradé. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

Les « vrais amis du Père Prévost » savourent leur victoire. Après un bras-de-fer, qui a duré presque trois ans, l'association du quartier des Beaux-Arts se réjouit de l'annonce du retrait de la société Pragma, qui avait acheté en 2011, à l'Enclos Saint-François, le stade du Père-Prévost. Le promoteur immobilier devait y construire 230 logements. Mais, face à l'engagement du nouveau maire, Philippe Saurel (divers gauche) et de ses militants, il a jeté l'éponge. « On ne marche pas sur l'histoire de la ville, confie le premier magistrat. Ce terrain de football aura bientôt 100 ans, il faut le respecter et conserver son usage, pour que les enfants puissent jouer. » Tony Chavard, président de l'association estime de son côté que « le lieu est important. C'est un espace de fort lien social et de rencontres qu'il fallait préserver. On peut être fier du résultat. Mais on va rester vigilant. Nous allons notamment tenter de trouver des solutions, pour que le terrain du stade devienne inconstructible pour les générations à venir. »

Des compensations pour le promoteur et le propriétaire


L'accord scellé entre la ville, l'Enclos Saint-François et Pragma Immobilier prévoit néanmoins quelques compensations : 5 700 m2 constructibles dans le nord du stade, 4 200 m2 à proximité de l'église et 3 800m2 sur l'avenue Saint-Lazare ont été réservés pour réaliser « trois projets à taille humaine », souligne Philippe Gadelle, le président de Pragma. Le promoteur, qui « regrette de ne pas avoir réussi à convaincre le quartier », a aussi promis de remettre le terrain en état. « Nous attendons de voir si les vestiaires, qui sont complètement dégradés, seront rénovés eux aussi », confie Pierre, des Vrais amis du Père Prévost. La ville, de son côté, va signer un bail emphytéotique de 18 ans avec l'Enclos Saint-François pour pouvoir utiliser le stade, pour un coût annuel de 20 000 €. « Nous conservons là un équipement public de proximité, qui mettra à l'abri plusieurs générations de petits footballeurs et qui apportera aux grands clubs ces pépites nécessaires pour évoluer en première division », confie Philippe Saurel.

■ L'esprit de Prévost

Dans son testament, le père Charles Prévost, a légué, à sa mort, en 1947, l'ensemble de ses biens, dont le stade, en demandant à ce qu'ils servent à l'éducation sportive et intellectuelle des enfants.