Quand les jeunes se prostituent...

Nicolas Bonzom
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Sur le Web, les sites d'escort ou de prostitution d'étudiants sont nombreux.
Sur le Web, les sites d'escort ou de prostitution d'étudiants sont nombreux. — Capture d'écran


La prostitution étudiante préoccupe les pouvoirs publics et les associations. Un rapport, remis en octobre au Sénat, souligne un développement de ce phénomène, lié « à la précarisation des conditions de vie » de ces jeunes. L'Amicale du Nid, le Crous et l'université Montpellier-III dévoilent une étude sur ce thème.



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Parmi les 1 797 étudiants montpelliérains interrogés entre 2011 et 2012, 4 % déclarent « avoir déjà accepté de l'argent ou autre chose contre un acte sexuel », soit 22 hommes et 37 femmes. 16 % disent connaître, dans leur entourage, des personnes qui se sont prostituées. Pour 52, 3 %, accepter un acte sexuel en échange de cadeaux ou d'argent, peut être « un moyen de se sortir d'une situation très précaire ». « Le prix de la vie n'est pas le seul facteur de déclenchement du passage à l'acte prostitutionnel, explique Magali Nayrac, attachée de prévention à l'Amicale du Nid de Montpellier. Il y a d'autres causes, comme des ruptures familiales ou des mauvaises rencontres. Dans nos maraudes, sur le bord des routes, on voit peu d'étudiants, deux ou trois sur les trois cents que l'on voit chaque année. En revanche, sur Internet, c'est beaucoup plus répandu. » 

Sur la Toile, plusieurs dizaines d'étudiantes montpelliéraines publient des propositions de relations tarifées ou d'escort, sur des sites de petites annonces. Selon l'enquête, « l'échange marchand n'est pas toujours réduit au seul acte sexuel, et peut se doubler d'un social time qui le précède », comme une sortie, une discussion ou un dîner. Mais beaucoup d'escorts ne considèrent pas cela comme de la  prostitution. Juste un moyen, de temps en temps, de se faire un peu d'argent.  

■ Maïween, 22 ans, étudiante et escort-girl

Maïween a accepté de témoigner, pour 20 Minutes. Etudiante à l'université Paul-Valéry, cette Montpelliéraine de 22 ans accompagne des messieurs, « de temps en temps ». « C'est par besoin, pour payer mes factures, mes loyers, mon forfait, ou pour avoir de l'argent avant les vacances, confie-t-elle. Je ne trouve pas de boulot. Malgré mes recherches, on ne me rappelle pas. Et, il faut bien que je trouve de l'argent quelque part. C'est le seul moyen que j'ai. »