Du gravage à la chaîne

Jérôme Diesnis

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Lors de la formation au gravage.
Lors de la formation au gravage. — Le Vieu Biclou

C'est un fléau impossible à quantifier. A Montpellier, les statistiques officielles évoquent une hausse spectaculaire du nombre de déclarations de vols de vélos : 899 en 2012, près de 1 300 en 2013. Mais combien sont-il réellement, si l'on songe aux victimes qui renoncent à déposer plainte, faute d'espoir de revoir ce qui est parfois leur unique moyen de locomotion ?

Bicycode, un outil essentiel


L'université Montpellier-II a fait le même constat. « Ici comme ailleurs, il y a, au regard du nombre d'antivols coupés gisant à terre dans le campus, une hausse très importante de vols », évoque Alain Iberti, en charge de la logistique dans l'établissement. Il est à l'initiative de la convention signée ce jeudi avec la police nationale et l'association Le Vieux Biclou.

Jusqu'au 25 avril, grâce à une machine prêtée par la fac, l'association propose un atelier gratuit de gravage pour les étudiants et professeurs du campus, afin d'identifier les vélos. A charge à leurs propriétaires de rentrer ensuite ce numéro avec une brève description dans le fichier national Bicycode, « Lorsque l'on retrouve un vélo, nous ne sommes quasiment jamais en mesure d'aviser les victimes faute de traçabilité », explique-t-on à la Direction départementale de la sécurité publique. « Cette opération doit sensibiliser les utilisateurs. »

« L'effet est dissuasif, ça n'empêchera pas le vélo d'être volé », souligne Dominique Dubrunfaut, coordinateur au Vieux Biclou. Aussi, en plus de réaliser des gravages gratuits, l'association en profite pour faire de la pédagogie. « Il faut un bon antivol et ce ne sont pas forcément les cadenas les plus gros qui sont les meilleurs, mais aussi bien l'attacher la roue avec le cadre à un point fixe. » Et de préférence les deux roues...

■ Objectif 500

Les trois adhérents du Vieux Biclou embauchés pour l'opération ont l'objectif de graver 500 vélos, d'ici au 25 avril. « Depuis lundi, nous en sommes déjà à une centaine », note Guilhem Coste, l'un d'eux.