Ils gardent encore la flamme

Nicolas Bonzom
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Les gendarmes, face aux pompiers.
Les gendarmes, face aux pompiers. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse


Dans les montagnes de Vailhauquès, environ deux cents pompiers du service départemental d'incendie et de secours entonnent « La Marseillaise ». « Merci les gars, pour votre mobilisation, et pour votre tenue exemplaire, s'écrie Rachid Baali, président du syndicat autonome des pompiers. Croyez-moi, ça les fait vraiment chier qu'on n'ait rien cassé. » Ce jeudi, les pompiers, en grève depuis bientôt deux mois pour une réorganisation de leur temps de travail, ont durci le mouvement, en empêchant le CTP héraultais (Conseil technique paritaire) de se tenir. De l'aveu de certains, « une bataille est gagnée, mais pas la guerre ».



Le Conseil technique paritaire empêché d'entrer



Dans un mini-bus affrêté par la direction héraultaise, les membres du CTP ont sagement attendu, une partie de la matinée, que la situation se débloque. A quelques mètres de là, les pompiers en colère, « dont certains sont arrivés mercredi à 22 h 30 », bloquent l'entrée. « Ça fait deux mois qu'on est en conflit, et que rien n'a bougé, on ne peut pas demander aux gars de les laisser rentrer en faisant une haie d'honneur ! », gronde un syndicaliste. « Ce n'est pas normal d'empêcher que ça se passe », assène Frédéric Loiseau, directeur de cabinet de la préfecture de région. Et, vers midi, après plusieurs heures de négociation, la direction a cédé : le CTP ne se tiendra pas au service d'incendie et de secours. « Qu'il le fasse ailleurs, on s'en moque, confie un pompier. Ce qui compte, c'est que ça ne se déroule pas chez nous ! » La vingtaine de cars de CRS et de gendarmes s'est repliée, en milieu de journée, scellant la petite victoire des grévistes. « Il n'y a pas eu de tension entre les forces de l'ordre et les pompiers, confie un gendarme. On se connaît, on fait un peu le même métier. » « Fatigués », « excédés », les pompiers se sont donnés rendez-vous « bientôt», « car c'est pas fini ».  

■ Face à la justice

Quatre pompiers syndicalistes sont convoqués le jeudi 27 février (14 h), au tribunal de grande instance de Montpellier, pour « un courrier diffamatoire » envers leur colonel.