« Dans quel pays sommes-nous ? »

Propos recueillis par Jérôme Diesnis
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" On dit aux petits cantons : "Fermez vos gueules, vous n'existez plus !" "
" On dit aux petits cantons : "Fermez vos gueules, vous n'existez plus !" " — Jérôme Diesnis / Maxele Presse


Président du conseil général depuis le 27 mars 1998, ex-premier adjoint de Georges Frêche à la mairie de Montpellier, André Vezinhet est, à 74 ans, un homme de poids au parti socialiste. Et il est remonté.

Réformes territoriales. « Messieurs Sarkozy et Fillon ont engagé des réformes mortifères. Ils ont supprimé la taxe professionnelle et la part de taxe d'habitation qui nous revenaient. Nous pouvions aménager le territoire et, brusquement, on est passé de 4 à 1, 7 million d'euros de point d'impôts. On assiste à une recentralisation du pays qui n'a pas été remise en cause. »

Métropoles. « François Hollande est tout aussi assassin. Il veut donner tout pouvoir économique aux métropoles, comme si la France se résumait à 14 lieux. Je ne comprends plus dans quel pays nous sommes. On réanime la guerre des villes et des campagnes en tapant sur le rural à bras raccourcis et on met les collectivités en coupe réglée. Les maires autres que celui de Montpellier n'auront plus d'autre pouvoir que d'inaugurer des pissotières. »

Ruralité. « Là où il y aura des métropoles, il n'y aura plus de département. On dit aux petits cantons, »Fermez vos gueules, vous n'existez plus ! «. Seule existera Montpellier et sa métropole. Mais c'est une erreur gigantesque ! On a travaillé pour que la ville ait à ses portes des espaces de respiration. Au final, on sera tous perdants : on est les plus petits au milieu de Nice, Marseille, Toulon, Toulouse et Bordeaux. »

Redécoupage de 49 à 25 cantons.  « Malgré mes demandes, on ne m'a jamais consulté ni fait part de ces subdivisions. Qu'on me dise que Le Caylar est un trop petit canton et qu'il faut le mettre avec Lodève, c'est raisonnable. Mais certains cantons vont représenter jusqu'à six cantons actuels. Rassembler Bédarieux et Clermont-l'Hérault, par exemple, est un déni de politique ! On attaque l'égalité en faisant le citoyen puissant, celui de la ville, et celui à foutre à la poubelle, le rural. On attaque les principes de fraternité et de liberté : on la supprime aux élus pour la donner à des hiérarques. » 

■ Robert Navarro

« Je n'irai plus à un meeting où il y aura Robert Navarro, qui a tout fait pour tuer le PS, prévient André Vezinhet . Celui qui a redressé le parti, c'est personne d'autre : c'est moi et la direction collégiale. »