Un artiste au grand chœur

Nicolas Bonzom

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Martin Koums s'affiche en 4 x 3 dans les rues de Montpellier. Samedi (voir encadré), le musicien, chanteur et chef de choeur retrouve la scène du Jam, l'école régionale de jazz où il a fait ses armes, dans les années 1990. « Je me sens toujours bien quand je suis là-bas », confie-t-il. Le chemin fut long, pourtant. Né à Douala, la capitale économique du Cameroun, Martin Koums est élevé par son grand-père, pasteur. « Durant toute mon enfance, on chantait à l'Eglise, et j'ai été plongé dans un univers qui m'a fait découvrir le gospel, reprend-t-il.

Adolescent, j'ai rejoint mes parents au Gabon. Là-bas, je me suis mis sérieusement à la musique, avec un professeur fasciné par les titres de Georges Brassens. Quand j'en jouais certains, les gens me regardaient bizzarement ! » Sur les conseils avisés de son formateur, à l'âge de 15 ans, Martin Koums débarque à Montpellier, « où l'on peut faire de la musique plus facilement », lui promet-il. « C'est sûr qu'en Europe, les instruments sont moins difficiles à trouver qu'en Afrique, reprend le musicien. Là-bas, il faut parfois plusieurs semaines pour mettre la main sur une guitare. »

Il popularise le gospel à l'université Paul-Valéry


Elève au lycée du Mas-de-Tesse, puis en musicologie à l'Université Paul-Valéry, « l'oncle Koums » implante des concerts et des chorales gospel dans la capitale héraultaise, dès 1990. « Il a notamment réussi le pari d'implanter cette culture, auprès des étudiants, à l'université », confie Emmanuel Djob, finaliste de « The Voice », et figure de proue du courant gospel. Aujourd'hui, 120 personnes chantent au Gospel University Choir, devenu, en vingt ans, une référence dans le milieu. « Si on m'enlevait le gospel, je ne sais comment je ferais pour continuer. C'est une source de vie ! », sourit Martin Koums. « Il a toujours une foule de projets en tête, s'exclame Cécilia, du groupe Cândido et Cecilia, choriste et soliste, qui l'accompagnera samedi au Jam. Son plus, c'est qu'il embarque le public dans un univers très ludique, rempli d'humour. Et il a un très grand cœur. »

■ Pratique

Samedi (21 h 15) au Jam, rue Ferdinand-de-Lesseps, Martin Koums sera accompagné par Africa Jazz Color. Tarifs de 5 à 12 €. Son nouvel album, Back Home, sort la semaine prochaine.