Une mission sans accroc

Nicolas Bonzom

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La retransmission depuis la Guyane a été diffusée à Montpellier-II, ce jeudi.
La retransmission depuis la Guyane a été diffusée à Montpellier-II, ce jeudi. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

Au laboratoire Univers et Particules de l'université Montpellier-II, étudiants et chercheurs retiennent leur souffle. Les yeux rivés sur le compte à rebours, ils assistent à la retransmission en direct depuis le centre spatial de Kourou (Guyane), du lancement de « leur bébé », le satellite Gaïa. Quelques secondes plus tard, les applaudissements sont nourris. « Tout s'est bien passé, note Claude Zurbach, ingénieur. Nous étions un peu anxieux. Il y a toujours un risque. Dans l'espace, on ne rencontre jamais les conditions qu'on aurait voulu. »

Une carte 3D de la galaxie


Depuis plus de huit ans, le laboratoire montpelliérain a contribué à l'étalonnage du spectromètre, l'instrument de mesure embarqué sur Gaïa. Pour certains, c'est un bout d'eux-mêmes qui s'envole à près d'1, 5 million de kilomètres de la Terre. « C'est plutôt rare dans une carrière, c'est sûr, se réjouit Gérard Jasniewicz, astronome et coordinateur du projet. Gaïa est la mission d'astrophysique de ce début du XXIe siècle. » Pour Johanna, 23 ans, doctorante, « c'est une énorme opportunité de débuter une carrière de chercheur comme ça ! » Pendant environ cinq ans, le téléscope spatial de Gaïa s'apprête à cartographier en 3D pas moins d'un milliard d'étoiles, soit environ 1 % de la Voie lactée. « Sur Montpellier, notre travail va consister à réaliser un catalogue les recensant, confie l'ingénieur Claude Zurbach. D'ici à sept ans, il sera accessible à tous. » Cet arpenteur de la galaxie, de deux tonnes, conçu avec l'agence spatiale européenne, devrait également découvrir de nouvelles planètes extrasolaires.