« Je ne veux pas mourir sur scène »

Nicolas Bonzom

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Hélène Mandroux quittera la vie politique montpelliéraine en mars 2014.
Hélène Mandroux quittera la vie politique montpelliéraine en mars 2014. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

«Dites donc, c'est le grand soir ce matin ! » confie Hélène Mandroux (PS), face à une salle de presse pleine à craquer. Ce mercredi, « maire courage »* a fait ses adieux à la vie politique montpelliéraine, en précisant qu'elle restait « tout de même jusqu'en mars 2014 ». A 73 ans, la première magistrate de la capitale régionale confirme qu'elle ne brigue pas de nouveau mandat, 30 ans après ses premiers pas d'élue au conseil municipal de Georges Frêche. « Il faut savoir tourner les pages, pour en ouvrir d'autres, confie Hélène Mandroux. Je n'ai pas envie de mourir sur scène. Je suis satisfaite d'avoir accomplie certains dossiers qui me tenait à coeur, comme la lutte contre les discriminations, la destruction de la Tour H au Petit-Bard ou la réussite d'Odysseum. En tant que maire, pendant 10 ans, j'ai tenu ma parole. Mais j'ai toujours dit que je restais médecin, avant d'être maire. Je m'apprête à ouvrir une nouvelle page qui me correspond. »

Bureau parisien


Après les élections municipales, dont elle refuse catégoriquement de parler, Hélène Mandroux découvrira son bureau parisien, « directement rattaché au secrétariat du gouvernement et au premier ministre ». Sa mission Santé et Territoires, qu'elle assurera durant deux ans, pour « environ le salaire d'un adjoint » (soit 2 000 € par mois), devra rendre des propositions pour améliorer la qualité de l'offre médicale sur le territoire, « car 7 % de nos concitoyens vivent dans un secteur où la présence médicale est insuffisante ». « Si j'avais refusé cette proposition de Jean-Marc Ayrault, je me serais sentie irresponsable. Mais je reste habiter à Montpellier. Ma famille et mes amis sont là. Je ne veux pas habiter à Paris. »

■ « La politique, c'est comme un théâtre »

En dix années de mandat, Hélène Mandroux ne s'est jamais confiée sur sa vie personnelle. Ce mercredi, elle a brisé la glace. « Vous savez, la politique, je regarde ça comme un théâtre, assure-t-elle. En 2010, lorsque j'ai perdu ma mère, et que dans les quinze jours qui ont suivi, mon petit-fils était entre la vie et la mort, certains m'ont attaquée. Mais ils ne sont pas arrivés à me mettre sous l'eau. J'ai la force tranquille. Ces coups, qu'est-ce qu'on en a à foutre... »